14/05/2026
« Un traumatisme ne disparaît pas simplement avec le temps : il s’inscrit dans le corps, modifie le cerveau et épuise l’énergie vitale… Dans cet article, je vous explique comment les blessures émotionnelles impactent profondément notre équilibre et comment, grâce à mon accompagnement en EMDR, il est possible d’apaiser durablement le système nerveux et de retrouver une sécurité intérieure. »
Nathalie POGNEAUX
Comment un traumatisme impacte votre corps, votre cerveau et votre énergie ?
Un traumatisme n’est pas uniquement un souvenir douloureux. Il ne se limite pas à un événement passé que l’on pourrait « oublier » avec le temps ou la volonté. Lorsqu’une personne vit une expérience perçue comme menaçante, violente, humiliante ou profondément insécurisante, tout son organisme se mobilise pour survivre.
Le traumatisme laisse alors une empreinte globale : dans le corps, dans le cerveau, dans le système nerveux et dans l’énergie psychique de la personne.
Certaines personnes continuent de fonctionner, de travailler, d’aimer et de prendre soin des autres tout en portant intérieurement un état d’alerte permanent. D’autres ressentent un épuisement profond, des douleurs inexpliquées, une hypersensibilité émotionnelle ou une sensation persistante d’être déconnectées d’elles-mêmes.
Comprendre les effets du traumatisme permet de sortir de la culpabilité. Les réactions traumatiques ne sont pas des faiblesses. Elles sont des réponses biologiques et psychologiques de survie.
▪︎ Le traumatisme : quand le système nerveux reste bloqué en mode survie.
Face à un danger, le corps active automatiquement des mécanismes de protection. Le système nerveux autonome déclenche alors différentes réponses :
- le combat,
- la fuite,
- le figement,
- ou parfois la sidération.
Ces réactions sont normales et indispensables à la survie. Cependant, lorsqu’un événement est trop intense, trop brutal, répété ou vécu dans un sentiment d’impuissance, le système nerveux peut ne pas parvenir à revenir à un état de sécurité.
Le corps continue alors d’agir comme si le danger était toujours présent, comme un disque rayé. C’est pourquoi certaines personnes traumatisées peuvent ressentir :
- une hypervigilance constante,
- des sursauts fréquents,
- des troubles du sommeil,
- une anxiété diffuse,
- des crises d’angoisse,
- une fatigue chronique,
- ou au contraire une sensation de vide et d’engourdissement émotionnel.
Le traumatisme n’est donc pas seulement « dans la tête ». Il s’inscrit profondément dans le fonctionnement du système nerveux.
▪︎ L’impact du traumatisme sur le cerveau.
Les neurosciences montrent aujourd’hui que les expériences traumatiques modifient le fonctionnement cérébral.
▪︎ L’amygdale : l’alarme interne hypersensible.
L’amygdale cérébrale joue un rôle majeur dans la détection du danger. Après un traumatisme, elle peut devenir hyperactive.
Le cerveau interprète alors plus facilement certaines situations comme menaçantes, même lorsqu’aucun danger réel n’est présent.
Cela peut provoquer :
- des réactions disproportionnées,
- des peurs intenses,
- une hypersensibilité relationnelle,
- une difficulté à se sentir en sécurité,
- ou une impression permanente d’être « sur le qui-vive ».
▪︎ L’hippocampe : la mémoire traumatique.
L’hippocampe participe à l’organisation des souvenirs dans le temps.
Lors d’un traumatisme, les informations peuvent être stockées de manière fragmentée. Le souvenir ne devient pas un événement classé dans le passé : il reste parfois vécu comme une expérience encore actuelle.
C’est ce qui explique les flashbacks, les cauchemars ou les réactions émotionnelles soudaines déclenchées par un bruit, une odeur, une voix ou une situation rappelant inconsciemment le traumatisme.
▪︎ Le cortex préfrontal : la difficulté à retrouver le calme.
Le cortex préfrontal intervient dans la réflexion, la régulation émotionnelle et la prise de recul. Sous stress traumatique, cette zone peut être moins accessible.
La personne peut alors avoir des difficultés à :
- réfléchir clairement,
- prendre des décisions,
- se concentrer,
- réguler ses émotions,
- ou retrouver un état d’apaisement.
Certaines personnes se reprochent alors leur manque d’énergie, leur irritabilité ou leur difficulté à « avancer », alors que leur système nerveux est simplement en surcharge.
▪︎ Le corps garde la mémoire du traumatisme.
Le traumatisme ne vit pas uniquement dans les pensées. Le corps en conserve souvent l’empreinte.
Lorsqu’un stress intense devient chronique, l’organisme produit durablement des hormones comme le cortisol et l’adrénaline.
À long terme, cela peut fragiliser l’équilibre physique et émotionnel.
▪︎ Les manifestations physiques fréquentes.
Les personnes ayant vécu un traumatisme peuvent ressentir :
- des tensions musculaires,
- des douleurs chroniques,
- des migraines,
- des troubles digestifs,
- des troubles du sommeil,
- des palpitations,
- des difficultés respiratoires,
- une fatigue persistante,
- des troubles immunitaires (maladies auto-immunes par ex)
- ou une hypersensibilité sensorielle.
Le corps reste parfois contracté, comme s’il attendait encore une menace.
Certaines personnes vivent également une déconnexion corporelle : elles ont du mal à ressentir leurs besoins, leurs émotions ou leurs limites.
Cette dissociation est un mécanisme de protection fréquent dans les vécus traumatiques.
▪︎ L’épuisement énergétique du traumatisme.
Le traumatisme mobilise une immense quantité d’énergie psychique.
Lorsqu’une personne vit dans un état d’hypervigilance permanent, son organisme consomme continuellement des ressources pour anticiper le danger, contrôler l’environnement ou éviter certaines émotions.
Cet état peut conduire à :
- un épuisement émotionnel,
- une sensation de vide intérieur,
- une perte d’élan,
- des difficultés relationnelles,
- une baisse de motivation,
- une impression de ne plus se reconnaître,
- ou un sentiment de déconnexion profonde.
Certaines personnes décrivent la sensation de « survivre » plutôt que de vivre.
Le traumatisme peut également affecter l’estime de soi, la confiance, la capacité à ressentir du plaisir ou à se projeter dans l’avenir.
▪︎ Pourquoi certaines réactions persistent pendant des années.
Beaucoup de personnes minimisent leur vécu en pensant :
- « C’était il y a longtemps. »
- « Je devrais être passée à autre chose. »
- « D’autres ont vécu pire. »
Pourtant, le système nerveux ne fonctionne pas selon la logique ou la volonté.
Un traumatisme non intégré peut continuer d’activer des réactions automatiques longtemps après les événements.
Parfois, les symptômes apparaissent même des années plus t**d, lorsque le corps commence enfin à sortir du mode survie.
Les traumatismes relationnels, les violences psychologiques, les humiliations répétées, les carences affectives ou les environnements imprévisibles durant l’enfance peuvent avoir des effets profonds et durables.
Le traumatisme ne dépend pas uniquement de l’événement vécu, mais aussi de la manière dont celui-ci a été ressenti dans le corps et dans le système nerveux.
▪︎ Peut-on guérir d’un traumatisme ?
Oui !!! Le cerveau et le système nerveux possèdent une grande capacité de transformation.
La guérison ne signifie pas effacer le passé. Elle consiste plutôt à permettre au corps et au cerveau de retrouver progressivement un sentiment de sécurité.
Avec un accompagnement adapté, il est possible de :
- diminuer l’hypervigilance,
- apaiser le système nerveux,
- réduire les réactions traumatiques,
- retrouver des sensations corporelles plus stables,
- rétablir un lien avec soi-même,
- et retrouver de l’énergie vitale.
▪︎ L'EMDR au secours des victimes.
Des approches thérapeutiques comme l’EMDR, les thérapies psychocorporelles, le travail sur le système nerveux ou certaines approches intégratives permettent aujourd’hui d’accompagner efficacement les personnes ayant vécu un traumatisme.
▪︎ Retrouver un sentiment de sécurité intérieure.
Le traumatisme crée souvent une rupture intérieure : la personne ne se sent plus totalement en sécurité dans le monde, dans ses relations ou même dans son propre corps.
Le travail thérapeutique vise alors à restaurer progressivement cette sécurité.
Cela passe notamment par :
- la compréhension des réactions traumatiques,
- la reconnexion au corps,
- l’apprentissage de la régulation émotionnelle,
- la restauration de ses limites,
- la création d’espaces relationnels sécurisants,
- et la réintégration progressive des expériences douloureuses.
La guérison ne se fait pas dans la violence ni dans la performance.
Elle se construit souvent par étapes, avec douceur, sécurité et respect du rythme de la personne.
🌼
Un traumatisme impacte profondément le corps, le cerveau et l’énergie psychique. Les réactions qui en découlent ne sont pas des faiblesses, mais des adaptations de survie.
Comprendre ces mécanismes permet de porter un regard plus juste et plus bienveillant sur soi-même.
Même lorsque les blessures sont anciennes, le système nerveux peut apprendre progressivement à sortir de l’état d’alerte. Avec un accompagnement adapté, il est possible de retrouver plus d’apaisement, de stabilité émotionnelle, de vitalité et de sécurité intérieure.
Le corps n’oublie pas tout de suite mais il peut réapprendre, pas à pas, qu’il n’est plus en danger.
Nathalie POGNEAUX
Praticienne EMDR et Psychothérapie
Sur rendez-vous :
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