28/05/2026
"J'ai besoin de tout contrôler. C'est terrible, hein."
Elle a dit ça en souriant. Mais derrière le sourire, il y avait quelque chose de vrai — et d'épuisant.
Et c'est là, dans cet écart entre ce qu'on sait et ce qu'on fait, que l'anxiété s'installe.
Le besoin de n'est pas un défaut de caractère. C'est un mécanisme de protection. Une façon que le psychisme a trouvée pour se sentir en sécurité dans un monde imprévisible.
Sauf que la vie, elle, ne coopère pas.
Le collègue qui ne répond pas comme prévu. L'enfant qui prend une décision qu'on n'aurait pas prise. La réunion qui déraille. Le corps qui tombe malade au mauvais moment.
On peut s'épuiser à vouloir tout anticiper, tout verrouiller, tout prévoir. Et pourtant — ça échappe. Toujours un peu.
Ce que je veux vous dire c'est que la vraie sécurité ne vient pas de là. Elle vient d'un déplacement. Pas des événements vers nous — mais de notre face aux événements. C'est le seul endroit où notre pouvoir est réel.
Viktor Frankl l'a mis en mots après avoir traversé l'inimaginable : entre ce qui nous arrive et notre réponse, il existe un espace. Et cet espace, c'est notre liberté.
Ce n'est pas inné. Ça se travaille.
Mais quand on commence à habiter cet espace-là, quelque chose change. L'anxiété ne disparaît pas d'un coup — mais elle perd de son emprise. Parce qu'on ne dépend plus du dehors pour se sentir stables. 🌿
Et il y a quelque chose de presque libérateur là-dedans — réaliser qu'on n'a pas besoin que le monde change pour aller mieux.