20/08/2026
On vous dit de vous faire confiance.
Vous avez essayé.
Personne n’a jamais commencé par là.
On parle de la confiance comme d’une décision. Se faire confiance, faire confiance à la vie, faire confiance à quelqu’un — comme si c’était une opinion qu’on pouvait réviser.
La philosophe Annette Baier a montré l’inverse, en déplaçant le cas de référence. La tradition imaginait deux adultes égaux qui s’accordent. Elle part du nourrisson : il ne peut pas vérifier, il ne peut pas choisir, il se fie parce qu’il n’a pas d’autre option. La confiance n’est pas d’abord un acte volontaire. C’est une condition d’existence.
Et ce n’est pas une croyance : c’est un pouvoir remis à quelqu’un. Vous ne dites pas à un chirurgien comment opérer — vous lui laissez décider. C’est pour cela qu’on ne peut pas se faire confiance à soi-même par décision : on ne se remet rien à soi-même.
Une carte de ce carrousel raconte un thérapeute qui encaisse la colère et reste là la semaine suivante. C’est une chance, pas une garantie. Si cela s’est mal passé pour vous, ce n’est pas que vous vous y êtes mal pris. C’est que ça n’a pas tenu — et un cadre qui ne supporte pas le désaccord n’est pas un cadre où l’on reconstruit quoi que ce soit.
Une autre dit que votre méfiance avait raison. Elle avait raison alors. Certaines gardes montées à quinze ans montent encore la garde contre des gens qui ne sont pour rien dans ce qui est arrivé. Faire la différence est justement un travail, et il se fait rarement seul.
Référence
Baier, A. C. (1986). Trust and Antitrust. Ethics, 96(2), 231–260.
Ce carrousel est à visée pédagogique.
Seul un(e) professionnel(le) de santé peut poser un diagnostic.
Œuvres : Xavier Gaillot. © Xavier Gaillot 2026.