18/05/2026
Ce matin, alors que je me baladais en vélo, m'est arrivé une expérience que j'avais déjà faite plusieurs fois mais qui aujourd'hui m'a particulièrement interpellée.
Alors que quatre personnes marchaient devant moi de front, sur une piste partagée entre piétons et vélos, j'ai actionné m'a sonnette, que j'ai choisie discrète, par un "ting" afin de les prévenir de mon arrivée.
Alors que je dépassais le groupe, j'entendis une personne dire à celle qui s'était décalée "mais tu n'étais pas obligée de te pousser, on ne va pas marcher dans la boue non plus".
Ma pratique de toutes sortes de véhicules à deux roues, issue de mon expérience précoce et de pratique en Asie, repose sur l'usage du klaxon comme élément de sécurité, essentiellement pour signaler ma présence. Cet usage est dénué d'autre intention.
A Paris, l'usage du klaxon est tout autre. Au mieux il signifie "Pousse toi, je passe", au pire "Avance, co....ard". Klaxonner équivaut à insulter.
Ainsi, je fais fréquemment l'expérience à Paris d'utiliser ma sonnette dans une intention de sécurité, et de recevoir de l'agressivité en retour..
C'est-à-dire que le message que j'envoie reçoit une réponse en décalage total avec mon intention.
Derrière chaque signal que nous envoyons, nous y plaçons un implicite (ici, "je sonne pour signaler ma présence"). Mais cet implicite nous appartient, et l'autre reçoit le signal avec son propre implicite ("elle klaxonne pour s'approprier tout l'espace et nous agresse")
Cet exemple illustre la croyance que les autres vivent avec les mêmes implicites que nous. Cette croyance peut générer de l'incompréhension et de la souffrance. "Elle sait bien que je ne pense pas ça ", "il aurait du savoir que j'avais besoin de cela", etc.
Exprimer ses besoins, c'est rendre explicite à l'autre ce que l'on attend de lui.
Qu'il le considère ou non, c'est encore une autre histoire...
Photo : Cantatrice chantant dans l'opéra de Vienne en 1945, Lee Miller