22/10/2026
🧠 POURQUOI PROTÈGE-T-ON PARFOIS NOS AGRESSEURS ?
« Je ne veux pas lui créer de problèmes. »
« Je ne veux pas détruire sa vie. »
« Si je parle, personne ne me croira. »
« Je ne veux pas qu'il perde son travail, ses enfants, sa famille… »
« Je veux juste que ça s'arrête. »
« Je préfère ne pas tout raconter. »
Ces phrases, je les entends. Et certaines, je les ai prononcées moi aussi.
Lorsqu'on regarde une situation de violences de l'extérieur, cela peut sembler incompréhensible.
Pourquoi une personne victime de violences conjugales, intrafamiliales, psychologiques, physiques ou se*****es chercherait-elle à protéger celui ou celle qui lui a fait du mal ?
Pourquoi minimiser certains faits ?
Pourquoi en révéler certains et en taire d'autres ?
Pourquoi avoir peur des conséquences judiciaires, familiales ou sociales… pour l'agresseur ?
En réalité, de nombreux mécanismes peuvent se mêler.
🌿 La peur
Peur des représailles.
Peur de ne pas être cru.
Peur que la situation empire si l'on parle.
🌿 L'emprise et la culpabilisation
L'agresseur peut progressivement faire porter à la victime la responsabilité de ce qui arriverait si elle révélait les violences :
« Tu vas détruire notre famille. »
« Tu vas mettre le père de ton fils en prison. » - celle-ci c'est du vécu!... entre autres..
« Les enfants t'en voudront. »
« Personne ne te croira. »
La conséquence de ses propres actes devient alors, dans le discours de l'agresseur, la responsabilité de celui ou celle qui les révèle.
🌿 L'attachement et la loyauté
On peut avoir subi des violences et continuer à aimer.
On peut avoir peur de quelqu'un et rester attaché à lui.
Dans les violences intrafamiliales, cette loyauté peut être encore plus complexe : comment dénoncer son conjoint, son parent, son frère, sa sœur ou quelqu'un qui appartient à notre propre famille ?
🌿 La volonté de protéger les enfants ou la famille
Certaines victimes se taisent parce qu'elles pensent préserver leurs enfants.
Elles redoutent l'éclatement de la famille, les conséquences judiciaires, l'image que les enfants auront de leur parent… ou même l'image qu'ils auront un jour d'elles.
🌿 L'empathie et le besoin de sauver
Les survivants de violences peuvent aussi être des personnes profondément empathiques, bienveillantes, habituées à prendre soin des autres.
Certaines ont appris très tôt à comprendre, apaiser, excuser ou réparer.
Alors même face à leur propre agresseur, elles peuvent penser :
« Il a lui-même beaucoup souffert. »
« Il a besoin d'aide. »
« Je ne veux pas lui faire de mal. »
Et leur empathie finit parfois par prendre davantage de place que la reconnaissance de leur propre souffrance.
🌿 Les mécanismes psychotraumatiques
Lorsqu'une personne vit sous menace, dans la peur, l'épuisement ou un état de stress intense, elle ne dispose pas toujours du recul nécessaire pour analyser ce qu'elle vit comme quelqu'un qui observerait la situation de l'extérieur.
Survivre peut signifier éviter, apaiser, minimiser, se taire, s'adapter.
Protéger l'agresseur peut donc, paradoxalement, avoir été à un moment donné une manière de se protéger soi-même.
Et c'est là qu'une difficulté peut persister après les violences.
Parce qu'à force de protéger l'autre, de minimiser ses actes ou de ne pas tout nommer, il peut devenir difficile de reconnaître pleinement sa propre place de victime.
Non pour s'enfermer dans cette identité.
Mais pour pouvoir reconnaître :
« Oui, ce que j'ai vécu était réel.
Oui, c'était grave.
Oui, j'avais le droit d'être protégé(e). »
Cette reconnaissance peut faire partie du chemin de reconstruction.
💚 L'accompagnement en psychotraumatologie peut justement aider à dénouer progressivement ces mécanismes.
Comprendre pourquoi on s'est tu.
Pourquoi on a protégé.
Pourquoi on a minimisé.
Déposer la culpabilité qui ne nous appartient pas.
Remettre la responsabilité là où elle doit être.
Lutter contre le sentiment d'impunité des agresseurs.
Retrouver sa propre perception des événements.
Et pouvoir raconter son histoire avec ses propres mots, sans avoir à continuer de protéger celui ou celle qui l'a écrite par la violence.
Cela ne signifie pas devoir haïr son agresseur.
Cela ne signifie pas devoir pardonner non plus.
Cela signifie pouvoir remettre chacun à sa juste place :
la responsabilité à l'auteur des violences,
et à la personne qui les a subies, le droit de se reconnaître, de se protéger et de se reconstruire.
Le silence d'une victime ne la rend jamais responsable de l'impunité de son agresseur.
Mais sortir progressivement de ces mécanismes de protection peut aussi permettre de ne plus porter à sa place les conséquences de ses actes.
🌿 Vous vous reconnaissez dans ces mécanismes ?
Je vous accompagne en psychotraumatologie pour comprendre ce qui s'est joué, vous libérer progressivement de ces mécanismes et avancer vers une reconstruction respectueuse de votre histoire et de votre rythme.
Sandy Charlet
Sophrologue – Psychotraumatologue
📞 07 68 27 05 00
✉️ [email protected]
📲 Abonnez-vous à la page pour retrouver mes prochains contenus autour du psychotraumatisme, des violences, de l'emprise et de la reconstruction.