27/08/2026
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Il existe une part de nous que l’on ne devrait jamais civiliser complètement.
À force de devenir raisonnables, adaptées, disponibles, performantes, certaines femmes finissent par ne plus savoir ce qu’elles ressentent réellement.
Elles savent ce qu’il faut faire. Ce qu’il convient de dire. Ce que les autres attendent. Elles savent tenir, organiser, anticiper, prendre soin. Mais elles ne savent parfois plus répondre à une question beaucoup plus primitive : Qu’est-ce que je sens, moi ?
C’est l’une des réflexions que m’inspire Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés.
Cette « femme sauvage » dont elle parle est une femme qui n’a pas perdu le contact avec son instinct. Elle sent lorsqu’un lieu n’est plus bon pour elle. Elle reconnaît la fatigue avant l’effondrement. Elle sait lorsqu’elle a faim. Lorsqu’elle a besoin de solitude. Lorsqu’une relation l’appauvrit. Lorsqu’un désir est véritable. Lorsqu’il est temps de rester et lorsqu’il est temps de partir.
Cette intelligence m’évoque profondément l’Ayurveda car avant toutes nos théories, le corps possède lui aussi une connaissance.
La faim.
La soif.
Le sommeil.
Le besoin d’éliminer.
Le désir de mouvement.
Le besoin de repos.
L’attirance.
Le rejet.
La sensation que quelque chose nous nourrit ou, au contraire, nous épuise. Charaka nous apprend précisément à ne pas mépriser ces signaux naturels.
Le problème est que nous avons souvent été entraînées à leur opposer notre volonté.
Fatiguée ? Continue.
Faim ? Contrôle.
Besoin de ralentir ? Motive-toi.
Quelque chose te dérange ? Sois raisonnable.
Ton corps change ? Corrige-le.
Tu ne veux plus ? Fais encore un effort.
À force, on peut devenir extrêmement fonctionnelle tout en étant profondément séparée de soi.