19/06/2026
J’ai le sentiment que de plus en plus de personnes abordent aujourd’hui l’accompagnement thérapeutique avec une logique d’efficacité immédiate.
Elles souhaitent un objectif précis, un changement rapide et des résultats observables dans un délai relativement court.
Dans nos pratiques, beaucoup souhaitent avant tout essayer une séance et observer ce qui évolue pour elles. Elles évaluent rapidement les changements ressentis :
« Est-ce que je me sens déjà mieux ? »
« Est-ce que cela m’aide ? »
« Est-ce que cette approche me convient ? »
Puis, elles décident de poursuivre ou non l’accompagnement.
Cette manière d’aborder la thérapie n’est ni bonne ni mauvaise. Elle semble surtout refléter plusieurs évolutions de notre époque.
Nous vivons dans une société qui valorise l’immédiateté. Nous avons pris l’habitude d’obtenir rapidement des réponses, des services et des solutions. Il est donc compréhensible que cette attente se retrouve également dans le domaine de l’accompagnement.
L’accès aux professionnels est également devenu beaucoup plus simple. En quelques clics, il est possible de prendre rendez-vous, de comparer différentes approches et de changer facilement d’interlocuteur. Cette accessibilité est une véritable opportunité, mais elle peut aussi favoriser une approche plus exploratoire des accompagnements.
Nous avons parfois du mal à accepter que certains changements nécessitent du temps.
Pourtant, dans certaines situations, le changement est progressif. Il se construit à travers des prises de conscience, des expériences nouvelles, des ajustements successifs et une relation de confiance qui se développe au fil des séances.
Bien sûr, certaines personnes atteignent leur objectif en peu de séances et n’ont pas besoin d’un suivi plus long. Il n’existe pas de durée idéale applicable à tout le monde.
Mais il arrive également qu’un premier mieux-être soit interprété comme la fin du travail engagé, alors qu’il peut parfois correspondre au moment où des changements plus profonds commencent justement à émerger.
Peut-être que l’un des défis actuels est de trouver un équilibre entre l’attente légitime de résultats concrets et l’acceptation que certains processus de changement ont besoin de temps pour s’inscrire durablement.