07/09/2026
LES MORTS PRÉMATURÉS.
La mort, à tout âge, est un motif de profondes réflexions, toutefois plus grandes encore, quand elle atteint quelqu'un qui ne s'ouvre que tout juste à la vie.
Les morts prématurées surprennent à tel point que beaucoup s'en trouvent perturbés. Pourquoi meurt un enfant qui vient juste de commencer à vivre quand des personnes âgées continuent à vivre ?
La croyance que l'Esprit est créé au moment de la formation du corps et qu'il ne lui est donné qu'une opportunité d'incarnation conduit à l'interprétation erronée de ce que les morts prématurées sont un paradoxe.
Si l'Esprit n'avait seulement qu'une incarnation, si son destin était défini, ainsi, pour toute l'éternité, cela serait alors un contresens, et, pourquoi ne pas le dire, une injustice, car quand certains ont une existence longue avec plus de possibilités de progresser et mieux définir leur destin, d'autres qui se sont peu éveillés à la vie, souffrent de son interruption définitive.
Il est clair qu'un tel ordre des choses ne serait pas en harmonie avec la Justice Divine.
D'après la Doctrine Spirite, par la réincarnation, l'égalité existe pour tous, le futur appartient à tous, sans exception et sans faveur pour personne.
Si nous observons le comportement de certaines créatures, nous trouverons des raisons suffisantes pour comprendre que l'enfance n'est pas un état normal d'innocence, car nous voyons des enfants dotés des pires instincts à un âge auquel l'éducation n'a pas pu exercer son influence, quand d'autres sont dotés d'instincts si différents, bien qu'ils vivent dans le même milieu et appartiennent jusqu'à la même famille. Sur la base de cet exposé, et pour que nous restions certains de ce que la Justice Divine s'adresse à tous indistinctement, la désincarnation doit être comprise, même pour des enfants, comme un phénomène naturel.
Le milieu où réincarnera l'Esprit, les épreuves qu'il affrontera, le genre de mort qui le fera revenir et l'âge de ce retour, font partie d'un programme divin dont l'objectif est de donner le meilleur pour son évolution spirituelle, et non pas pour le faire souffrir. Combien de créatures, après la désincarnation d'êtres chers encore jeunes, entrent en profondes réflexions, s'ouvrent à des objectifs plus nobles, et commencent un changement dans la vision matérialiste dont elles étaient porteuses ? Les objectifs de la désincarnation prématurée sont variés, mais ne contrarient jamais les desseins de Dieu.
Selon Jésus, « Il n'y a pas une feuille qui bouge sans le consentement de notre Père. » En toutes circonstances, cet événement se produit pour répondre aux nécessités de l'Esprit qui désincarne et de ceux qui lui sont liés par les liens du sang ou de l'affection.
Dans la question 199 du Livre des Esprits, Kardec indique : « Pourquoi la vie est-elle souvent interrompue dès l'enfance ?
La durée de vie de l'enfant peut être pour l'Esprit qui est incarné en lui le complément d'une existence interrompue avant le terme voulu, et sa mort est souvent une épreuve ou une expiation pour les parents. »
Analysons séparément les deux éléments qui nous ont été donnés exprès dans la réponse ci-dessus :
Le complément de l'existence précédemment interrompue avant le moment où elle devait se terminer : nous tous, en réincarnant, nous apportons les ressources nécessaires pour un programme, dans lequel se trouve compris le temps moyen de vie que nous aurons dans notre corps physique. C'est le type de vie que nous choisissons de vivre, dans la modération ou dans l'excès, qui définira si nous atteindrons ce temps moyen ou si nous retournerons de manière anticipée à la spiritualité. Ce retour anticipé a normalement deux causes : le su***de direct, quand l'Esprit décide délibérément de fuir de la vie et le su***de moral (ou indirect), quand par les excès pratiqués, comme la gourmandise, l'oisiveté, la violence, les déséquilibres des émotions, les irresponsabilités au volant et autres, attireront vers soi des événements hors du programme préétabli, provoquant de manière brusque ou graduelle, la désincarnation, requérant ainsi une réincarnation complémentaire dans le futur.
Épreuve ou expiation pour les parents : Ceux qui par le passé commirent des délits qui influencèrent négativement le destin d'autrui ou qui ne surent pas valoriser la maternité ou la paternité, reçoivent cette personne de nouveau sous la forme d'un enfant qu'ils aiment beaucoup. Et, blessés par le choc du retour prématuré de celui-ci, ils apprendront à valoriser ce qu'ils avaient méprisé dans le passé.
Comme nous le voyons, tout a une raison d'être, et chacun recevra selon ses œuvres.
Le retour, quel que soit l'âge, est la conséquence d'une loi naturelle qui atteint tous de la même façon. À toute créature qui doit affronter la douleur de la séparation d'un être cher, l'orientation est celle de la confiance en Dieu, qui nous donnera toutes les ressources nécessaires pour que nous supportions avec résignation avec, de plus, la certitude que la vie continue. Si le vide laissé se transforme en douleur insupportable, remplissons-le en dirigeant l'amour pour l'être aimé absent vers d'autres qui dans la vie n'eurent pas l'opportunité d'être aimés.
En agissant ainsi, nous n'oublierons pas celui qui est parti, car nous n'oublions jamais ceux que l'on aime, mais l'amour du prochain sera comme une force transformatrice de la douleur en douce mélancolie.
Il nous reste de plus, la gratitude envers Dieu pour les moments heureux que nous avons eus à côté de l'être aimé, gratitude alimentée par l'espoir d'une nouvelle rencontre qui certainement un jour se produira.
Écrit par F. Altamir da Cunha, Reformado 2120, novembre 2005,
Luciene Alves traductrice