14/05/2026
5 ans de droit.
1 an de prépa.
2 sessions de concours blanc d'entrée à l'École Nationale de la Magistrature.
Puis le concours tant attendu : 3 épreuves de 5 heures faites.
Me voilà sur la 4ème… Au bout d’1h30…
Je me retrouve les pieds levés dans les toilettes du palais de justice.
Malaise vagal, nausée, sueur, carrelage froid dans le dos, néons dans le visage. Corps KO.
Mon monde s'effondre.
Allongée là, pleine de larmes, je me sens seule, nulle, honteuse, je m’en veux.
Je rate ce que je voulais réussir le plus au monde.
Pendant des années, j'ai porté ça comme un échec, une faiblesse, une trahison de mon corps.
Aujourd'hui je vois les choses tellement autrement.
Mon corps n'avait pas failli.
Il avait tenu l'intenable.
Des nuits sans sommeil. Un système nerveux en alerte permanente. Des heures de travail assise sans bouger. Des années d’études à haute pression personnelle.
Des mois à fonctionner en mode survie, parce qu'il le fallait.
Parce qu'il y avait tellement à prouver.
Ce n'est pas une faiblesse de s'effondrer dans ces conditions.
C'est une évidence.
Ce jour-là n'a pas été une fin.
Il a été un début.
Celui d'un long travail sur moi, sur mes croyances, la réussite, l'échec, la légitimité, l'ascenseur social…
Un travail de fond, et un travail corporel.
J'ai compris que l'anxiété ne se vit pas dans la tête.
Elle se vit dans le corps.
C'est par le corps qu'elle passe d'abord, et c'est grâce au travail de fond de compréhension, d'analyse, de changement de vision, de posture qu'elle peut s’apaiser.
Je ne suis jamais retournée passer ce concours.
J'ai choisi autre chose, quelque chose qui vibrait plus, avec du sens, qui me ressemblait.
Aujourd'hui, quand une personne arrive en séance épuisée sous la pression, je la comprends.
Je sais ce que ça coûte.
Je sais aussi ce que ça change quand le corps peut enfin souffler.
Et les possibilités infinies d'une vie meilleure devant soi.
Si vous portez quelque chose de lourd depuis trop longtemps…
Je suis là pour ça.
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