28/07/2026
Ceci n’est pas une fresque,
Nous voici à Stenay, sur un des murs de la façade principale de la salle des fêtes.
Le projet m’a été confiée par Stefem.Lgbt+NousToutes (de belles actions qui méritent plus de visibilité, d’attention et de compréhension dans le monde dans lequel on vit 💜)
Donc, je n’y ai pas réalisé une fresque, j’ai littéralement effectué un tableau.
Sauf que cette fois, je n’étais pas dans mon atelier mais dans un espace public plutôt…fréquenté.
Ma plus grande fresque fait 36m de long (gymnase de Ancemont) mais il s’agit de mon plus grand portrait, réalisé en plus dans des conditions assez complexes et ne nous dérobons pas devant des sujets délicats :
- Un chantier qui aura été décalé de Mars (période idéale par rapport aux conditions météorologiques) pour des raisons qui ne me concernent pas. Le démarrage était hasardeux.
- Une période caniculaire sur un mur poreux plein sud sans ombre donc une peinture qui cuisait littéralement à chaque coup de pinceau à en faire de la pâte à modeler. Moi qui suis habituée à travailler sans mélanges préalables, directement au feeling, au pinceau, en prélevant beaucoup de matière, le tout avec un support constamment humide. Je vous laisse imaginer. L’hygrométrie est un paramètre indispensable à gérer pour un beau résultat pérenne et des dégradés équilibrés. Dans le même temps, si le pinceau est trop mouillé, la peinture est sale. L’humidité doit venir du mur (pour ma pratique).J’avais chaud, ce n’est pas le plus grave. Je suis en bonne santé et motivée. Mais la peinture, elle, n’était pas de cet avis. En plus du vent qui faisait tout valser (mais apportait de l’air), il fallait aviser.
- Peu de recul pour éviter d’empiéter sur la circulation (parfois assez dense)
- Et puis, je suis perfectionniste à un niveau quasi obsessionnel dans le travail. La moindre incohérence sensorielle me perturbe. Les a/r, les finitions… je n’avais jamais fini. Chaque geste compte, la moindre amélioration de 10cm dévient 1m2 à retravailler.
- Une population aimable et souriante mais quelques individus bruyants et insistants espérant m’intimider à plusieurs reprises. Mon côté rottweiller soupe-au-lait croisé avec un jovial labrador me rend service.
Mais pas de panique, il y a toujours des solutions et c’est ainsi que je raisonne habituellement donc :
- Organisation : travailler en horaires décalés petit matin 5h/6h ou en soirée. Suivre la course du soleil et attendre qu’il soit derrière le bâtiment ! La couleur de la lumière avait son rôle à jouer notamment dans la gestion des reflets sur la fresque.
- Parler, communiquer, être soutenue et je remercie encore certaines personnes qui se reconnaîtront (mon conjoint et mon fils, amis et clients, Marylène et l’association Stefem qui est à l’initiative du projet, Marine du service des archives pour son écoute et sa douceur…)
- Toutes les personnes du secteur ou de passage, sur internet aussi, qui exprimaient leurs encouragements en des termes élogieux. Je pense aussi aux personnes plus discrètes qui passaient sans oser m’interpeller systématiquement, des manières délicates et respectueuses que je retiens aussi.
- Le travail n’est pas forcément celui que l’on voit : beaucoup de préparation en amont, j’ai modifié plusieurs fois la maquette en la dessinant et redessinant en petit pour comprendre et trouver des solutions techniques. Y’a pas de talent dans tout ça, juste du travail et une expertise constamment en fonctionnement. Si je ne suis pas active, je suis en veille, jamais en off.
Somme toute, j’ai mis deux fois plus de temps que prévu, j’ai perdu deux semaines dans mon planning de travail, mais le résultat est là et je ne vais pas me retenir d’affirmer haut et fort que je suis fière du résultat mais aussi fière de moi ! Sans oublier la reconnaissance des personnes qui pratiqueront cette route régulièrement. La satisfaction est grande et la mission est accomplie si j’envoie un peu de magie et de beauté 🪄
Je n’y croyais plus. Mais j’y suis parvenue. Et peut-être même au delà de mes espérances et projections. Déjà prête à faire plus grand si l’occasion se présente et vanter la beauté et la sobriété du noir et blanc (il serait juste temps que je me lance dans la peinture en bombe, je cherche des cours pour faire évoluer ma technique)
Je pourrais en ajouter d’autres mais je finis en citant mon fils de 3 ans ce matin :
« Elle est très belle ta dame maman »
En l’honneur de l’incroyable Joséphine , Joséphine Baker