04/09/2026
Quand je n’aime pas la façon dont quelqu’un me traite, je change la façon dont je traite cette personne.
Ça peut sembler étrange dit comme ça.
Parce que notre premier réflexe, quand quelqu’un est impatient, brusque ou désagréable avec nous, c’est souvent de lui répondre sur le même ton.
Tu me manques de respect, je vais te montrer que je suis capable d’en faire autant.
L’autre jour, mon fils William et moi étions au service à l’auto d’un Tim Hortons.
On entend dans le haut-parleur le fameux :
« Bienvenue chez Tim Hortons, est-ce que je peux prendre votre commande? »
Je réponds gentiment, je passe ma commande, s’il vous plaît, merci…
Mais de l’autre côté, les réponses sont brusques.
Je pose une question de plus.
Mauvaise idée. 😂
Non seulement la réponse est sèche, mais j’ai droit en prime à une petite remarque qui me fait comprendre que ma question n’était apparemment pas très intelligente.
Je ne réponds rien.
Il me donne le total et me demande d’avancer.
En roulant vers la fenêtre, William me voit fouiller dans mon appuie-coude où je garde toujours quelques dollars.
Je sors trois dollars.
Il me regarde et me demande :
« Qu’est-ce que tu fais? »
Je lui réponds :
« Tu vas voir, Will. Je vais lui apprendre quelque chose… et après je vais t’expliquer. »
On arrive à la fenêtre.
Je paie ma commande d’environ 10 $ avec ma carte.
Puis je lui tends les trois dollars que j’avais sortis et je lui dis :
« Et ça, c’est pour toi. »
Trois dollars sur une commande d’une dizaine de dollars, c’est quand même un très bon pourboire.
Et c’était justement là toute la leçon que je voulais montrer à William.
Cet homme venait d’être brusque avec moi.
J’aurais pu lui répondre de la même façon, ne rien lui laisser et repartir irrité.
J’ai choisi exactement le contraire.
L’homme est resté figé quelques secondes.
Il a pris une respiration.
Son visage a changé.
Il a pris les trois dollars, m’a regardé dans les yeux et m’a dit :
« Merci monsieur. Je vous souhaite une bonne journée. »
Je lui ai répondu :
« Pareillement. Et j’ai hâte de boire mon café, parce que je trouve que vous faites un des meilleurs cafés. »
Il m’a remercié.
J’ai fermé ma fenêtre et j’ai regardé William du coin de l’œil.
On est allés se stationner un peu plus loin pour boire quelques gorgées de café.
Et là, je lui ai expliqué.
« Tu sais Will, je ne sais absolument rien de cet homme.
Je ne sais pas comment sa journée a commencé.
Je ne sais pas ce qui se passe dans sa vie.
Je ne sais pas combien de personnes pressées, impatientes ou désagréables il a servies avant nous.
Mais je sais une chose.
Je n’étais pas obligé de devenir la prochaine. »
Son regard et cette grande respiration qu’il a prise m’ont tout dit.
Je ne sais pas si j’ai changé sa journée.
Mais je sais qu’il n’a pas changé la mienne.
Et c’est peut-être ça, la partie la plus importante de cette philosophie.
Être gentil avec quelqu’un qui est gentil avec nous, c’est facile.
Le véritable défi, c’est de rester la personne que nous avons choisi d’être quand l’autre nous donne toutes les raisons de devenir quelqu’un d’autre.
Mais cette philosophie, je ne la réserve surtout pas aux étrangers.
Je l’applique encore davantage avec les gens de mon entourage.
Quand quelqu’un que j’aime me traite d’une façon qui me blesse, j’essaie de ne pas lui rendre sa blessure.
Je change plutôt ma façon de le traiter.
Parfois avec plus de patience.
Parfois avec plus d’écoute.
Parfois avec plus de douceur.
Et oui, parfois aussi en mettant une limite.
Parce qu’aimer quelqu’un ne veut pas dire tout accepter.
Je ne peux pas toujours choisir la façon dont les autres vont me traiter.
Mais je peux toujours choisir la personne que je serai en retour.
Et après vingt ans à essayer de vivre de cette façon, je peux vous dire une chose :
Ça ne fonctionne peut-être pas à tous les coups avec les autres…
mais ça fonctionne à tous les coups avec moi.
~Rick