10/10/2026
On ne parle pas assez de ce qui se passe dans nos têtes après le cancer. ❤️
Quand les traitements se sont arrêtés, je me suis sentie tellement perdue.
Je cherchais partout des témoignages. Des histoires de personnes qui vivaient la même chose que moi. Je voulais juste savoir comment on allait après. Savoir si c’était normal d’être dans cet état. Trouver quelqu’un, n’importe qui, à qui me raccrocher pour retrouver un peu d’espoir.
Mais je n’ai rien trouvé. Rien qui répondait à ce vide-là.
Alors j’ai dû avancer à tâtons et créer mes propres repères.
J’ai d’abord lancé mon groupe autour du cancer ORL, le livre pour mettre des mots sur mes maux , puis cette page, Une femme debout.
Au début, je voulais juste raconter mon histoire. Et puis, j’ai pris une énorme claque.
J’ai découvert toutes ces personnes qui souffrent en silence, chacune dans son coin. Celles qui sourient en façade alors que tout s’effondre à l’intérieur. Celles qui culpabilisent d’être tristes alors qu’on leur répète : « Mais enfin, sois contente, tu es guérie ! »
Et là, j’ai compris que je n’étais pas f***e. Et surtout, que je n’étais pas seule.
On n’a pas les mêmes cancers, pas les mêmes traitements, pas les mêmes cicatrices. Mais ce qui se passe dans nos têtes ? Nous sommes bien plus nombreux que je ne l’imaginais à traverser cette tempête.
La peur qui ne part pas. La colère. Le vide. La dépression. Cette impression bizarre de ne plus être la même personne, sans trop savoir qui l’on est devenue.
Et vous savez quoi ?
Ce n’est pas une faiblesse. Ce n’est pas un manque de courage, ni de la moindre reconnaissance envers la vie.
Après une telle épreuve, on peut aller mal, même lorsque les traitements sont terminés. On peut être heureux d’être encore là et souffrir malgré tout de ce que le cancer a laissé derrière lui.
Mettre des mots sur cette souffrance, comprendre ce qui nous arrive, accepter qu’on ne va pas bien et oser demander de l’aide… tout cela peut prendre un temps fou.
Et pourtant, on nous prépare si peu à cette réalité.
Si je partage tout ça aujourd’hui, c’est parce que c’est exactement ce que j’aurais eu besoin de lire il y a quelques années.
J’aurais tellement voulu tomber sur quelqu’un qui me dise :
« Ce que tu ressens, tu n’es pas la seule à le vivre. Tu n’as pas à avoir honte. Et tu as le droit de demander de l’aide. »
C’est aussi pour ça que je suis là aujourd’hui, et que vous êtes là.
Pour qu’on puisse parler de ce qu’on traverse vraiment. Pour qu’on arrête de culpabiliser d’aller mal après la tempête. Pour que personne n’ait à croire qu’il est seul face à ce qu’il ressent.
Parce qu’un témoignage peut parfois faire toute la différence. Il peut nous aider à mettre des mots sur ce qu’on vit, à nous reconnaître dans l’histoire de quelqu’un d’autre et, peut-être, à trouver le courage de demander de l’aide.
❤️ Alors, j’aimerais vous poser une question.
Quand vous n’alliez pas bien après le cancer, avez-vous cherché des personnes auxquelles vous raccrocher ? Avez-vous trouvé cette oreille attentive dont vous aviez besoin, ou avez-vous dû traverser cette période seuls ?
Racontez-moi en commentaire, si vous en avez envie.
Vos mots peuvent devenir le témoignage que quelqu’un cherche désespérément aujourd’hui. Celui qui lui permettra de se dire : « Je ne suis pas seul. » ❤️