01/05/2026
LE COIN DE L’APOTHICAIRE : épisode 55
La réglisse… Nous la connaissons tous, bercés par nos souvenirs de jeunesse. On reconnaissait alors les vrais amateurs au fait qu’ils déroulaient et dégustaient des rouleaux spiralés noirs de la précieuse friandise pendant la récré. Depuis le temps est passé mais certains d’entre nous ont gardé une appétence intacte pour elle. Néanmoins connaissent ils sa face sombre ?
La réglisse (Glycyrrhiza glabra, du grec racine (rhiza) sucrée (glucus) sans poils (glabra)) est une plante vivace herbacée pouvant atteindre 1,5m de haut et portant des petites fleurs bleuâtres à violacées au printemps. Elle s’étend par sa souche ligneuse très développée et ce sont ses rhizomes (qui sont en fait ses tiges souterraines), aromatiques et riches en réserves nutritives, qui sont récoltés à partir de la 5ème année et séchés à température ambiante. Ils sont alors connus sous le nom de « bâton » de réglisse et ce sont les seules parties de la plante qui sont consommées.
En plus de ces bâtons mâchés en guise de friandise (ou comme substitut au tabac), on peut la retrouver en poudre comme épice, en confiserie (les célèbres zan ou cachou entre autre), dans divers produits alimentaires (comme édulcorant, adoucissant, agent moussant ou exhausteur de goût) mais aussi dans certaines boissons comme l’ouzo, le pastis avec ou sans alcool.
En médecine, on la rencontre pour soulager les inflammations du tube digestifs et calmer la toux.
Tout ceci étant dit, il convient de rappeler que la réglisse (par son composé principal, la glycyrrhizine) peut avoir des impacts négatifs sur la santé selon sa consommation et les antécédents médicaux de chacun: elle peut ainsi déclencher une hypertension artérielle (par réabsorption de sodium) et des troubles du rythme cardiaque (par élimination de potassium dans les urines). Le terme médical exact pour définir ce mécanisme est « pseudohyperaldostéronisme ».
Ainsi éviter une consommation excessive et/ou régulière est une recommandation de bon sens qui s’applique à tout le monde et la réglisse est même contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement en raison de la méconnaissance de ses effets sur le fœtus et le bébé allaité.
En tout cas, s’il est un personnage historique qui ne se souciait guère de ces notions, c’est Napoléon Bonaparte qui en faisait force consommation pour calmer ses douleurs digestives récurrentes et avoir une bonne haleine. A force d’en consommer sous toutes formes et sans modération, on raconte qu’il avait les dents teintées de noir, ses proches pensant qu’elles étaient cariées ou abîmées alors que l’Empereur était connu pour avoir une hygiène buccale irréprochable.
Mais au fait, une question existentielle : doit t-on dire le réglisse ou la réglisse ? En fait, le mot réglisse a les deux genres : si l’on parle de la plante, c’est un nom féminin (j’aime les fleurs de LA réglisse); si l’on parle de la confiserie, les deux genres sont possibles avec une prédominance du masculin (j’aime manger DU/DE LA réglisse).
Le mois prochain, l’histoire d’une larme en verre...
Curiositophil