04/06/2026
Je sors de trois magasins pour trouver un maillot 2 pièces, et dans la cabine d'essayage les pensées sont revenues avec cette familiarité que je connais bien : je me trouve grosse, grasse, je redécouvre mes bourrelets.
Et d'un coup, les pensées d'insatisfaction, ce récit que je croyais avoir mis à distance revient à mon esprit.
Sauf que cette fois, quelque chose s'est passé différemment : les pensées étaient bien présentes, elles occupaient l'espace, mais elles ne m'ont pas emportée. Je les ai regardées arriver, je les ai laissées exister sans leur céder, et je ne me suis pas effondrée. J'étais là, simplement présente, comme si pour la première fois dans une cabine d'essayage j'avais réussi à observer ce qui se passait en moi plutôt que d'être submergée.
Et j'ai compris que c'est précisément ça, la guérison dont on ne parle jamais assez: ce n'est pas se regarder dans un miroir et se trouver belle, ce n'est pas que ces pensées disparaissent. C'est les avoir, les traverser, et ne plus leur obéir.
C'est ce que je vis, et c'est ce que je vois se construire, lentement, chez les personnes que j'accompagne au quotidien.
En parallèle de tout cela, j'ai aussi été frappée par quelque chose : j'ai ce qu'on appelle une morphologie "midsize", et chez une grande enseigne nationale j'étais déjà en dehors des tailles couramment proposées, avec quasiment tout qui s'avérait trop petit.
Ce que cela provoque dans l'esprit de quelqu'un qui entretient une relation difficile avec son corps, je peux vous l'assurer, n'a rien d'anodin.
Dans une autre boutique en revanche, une vendeuse a pris mes mesures, les tailles étaient diverses, l'accueil ne mettait pas mal à l'aise. Ces détails paraissent secondaires de l'extérieur, mais ils ne le sont absolument pas lorsqu'on tente de se réconcilier avec soi-même.
Si vous vous épuisez vous aussi dans ce type de moments depuis trop longtemps, le lien est en bio.
Est-ce que les cabines d'essayage sont pour vous aussi un endroit difficile ?