01/09/2026
Pendant longtemps, je ne posais pas la question.
Jâattendais. Jâattendais que la personne en face de moi mâen parle dâelle-mĂȘme, Ă son rythme. Je nâosais pas demander directement â jâavais peur de rĂ©veiller quelque chose. Peur de faire mal en posant les mots dessus.
Et puis il y a eu une formation : Les bases de Stop aux violences sexuelles. LĂ , pour la premiĂšre fois, jâai vu cette question posĂ©e clairement.
Depuis, cette question a pris tout son sens pour moi.
Un thĂ©rapeute devrait la poser, pour que la parole puisse sâouvrir et que le trauma puisse ĂȘtre traitĂ©.
Un gynĂ©cologue devrait la poser avant dâintroduire quoi que ce soit dans le corps de sa patiente â pour ĂȘtre sĂ»r de ne pas faire revivre quelque chose, de ne pas maltraiter sans le vouloir.
Un mĂ©decin devrait la poser quand un enfant prĂ©sente des symptĂŽmes quâil ne devrait pas prĂ©senter Ă cet Ăąge.
Cette question, aussi simple soit-elle, on devrait oser la poser. Dans toutes les formations. Peu importe le mĂ©tier â Ă partir du moment oĂč on accompagne de lâhumain, et quâon peut se retrouver face Ă des enfants ou des adultes qui ont pu ĂȘtre abusĂ©s. On devrait apprendre Ă la poser.
Ne pas la poser, câest laisser le silence gagner du terrain.