04/09/2026
Ce verrou m’a glacée.
Dans les toilettes d’un restaurant, je remarque cet énorme verrou ajouté sur une porte qui possède pourtant déjà une serrure parfaitement fonctionnelle.
Intriguée, je demande à la gérante pourquoi.
Sa réponse ?
Parce que des femmes ont déjà été agressées dans ces toilettes. Parce que certaines n’avaient pas eu le temps de refermer la porte, de tourner la clé, de se mettre à l’abri.
Alors elle a ajouté ça.
Un gros verrou. Rapide. Simple. Presque instinctif à fermer.
Et je suis restée quelques secondes devant cette porte en pensant à tout ce que cela racontait.
Qu’en 2026, dans un restaurant, on en est encore à réfléchir à la manière de gagner quelques secondes pour permettre à une femme de se protéger.
Dans mon métier, j’accompagne beaucoup de femmes. Et je mesure à quel point le sentiment d’insécurité ne s’arrête pas forcément lorsque le danger disparaît.
Il peut rester dans le corps : l’hypervigilance, le besoin de contrôler son environnement, la peur lorsque quelqu’un marche derrière soi, le réflexe de repérer une sortie, de vérifier une porte, de garder ses clés à la main…
Des comportements que l’on qualifie parfois d’« excessifs », alors qu’ils peuvent être les traces d’un système nerveux qui a appris qu’il devait rester en alerte.
Ce verrou est évidemment une belle initiative de la gérante.
Mais il est terriblement triste qu’il soit nécessaire.
Et peut-être que la vraie question n’est pas :
« Pourquoi les femmes ont-elles autant besoin de se sentir en sécurité ? »
Mais plutôt :
« Pourquoi doivent-elles encore autant penser à se protéger ? »