14/10/2026
Et p*s un jour…
Et p*s un jour, tu fais une mammographie de dép*stage, comme tu le fais régulièrement… Et comme c’est Octobre Rose, tu te dis que tu fais ce qu’il faut, que tu prends soin de toi.
Tu pars tranquille. Tu rigoles avec l’équipe médicale, tu souris, tu vois la vie en rose… 🌸
Et p*s un jour…
Tout se passe normalement. Tu fais ton mono-strip-tease, tu plaisantes, tu continues de sourire.
Et p*s, au bout de quatre clichés, un silence s’installe…
Tu attends. Toujours dans cette position pas très confortable, mais tu attends.
La radiologue regarde son collègue. Elle a l’air embêtée. Puis elle te dit :
"Je vais voir le médecin pour vérifier si les clichés sont bons."
Et toi, tu attends…
Tu sens que quelque chose cloche, mais tu ne dis rien. Tu attends encore…
Au bout de quelques minutes, elle revient. Mais elle n’a plus le sourire d’avant, d'un ton embêté elle te dit
"Je suis désolée, on va refaire quelques clichés…"
Alors, toi, tu essaies de garder la face. Tu tentes une petite plaisanterie, histoire de détendre l’atmosphère :
"Je comprends, je n’ai pas la poitrine de Pamela Anderson… Plutôt celle d’Olive, dans Popeye ! "
Et là, malgré tout, tu réussis à décrocher un sourire.
Parce que c’est ça aussi, parfois, notre façon de réagir, plaisanter pour cacher l’inquiétude, sourire pour ne pas montrer la peur qui commence doucement à s’installer.
Et p*s, après, tu recommences à attendre… Toujours en mode mono-habillement.
Et soudain, la porte s’ouvre.
Tiens, une autre personne apparaît. Monsieur le médecin.
Alors, tu te dis que, cette fois, c’est enfin terminé. Que tu vas pouvoir te rhabiller, rentrer chez toi et reprendre le cours de ta journée.
Et p*s non…
D’un air plutôt sombre, il te dit :
" Je suis désolé, mais nous allons faire une échographie. Je suis embêté… "
Et là, tu commences à perdre ton sourire.
Ses mots résonnent dans ta tête. Tu as l’impression que ce n’est pas réel, que tu es en train de vivre une scène qui ne t’appartient pas.
Tu vas t’allonger. Tu lèves les bras. Tu le laisses faire.
Il ne parle plus. Il souffle…
Et toi, tu attends. Encore.
Au bout d’un long moment, il se décide enfin à parler, toujours en s’excusant :
"Je suis désolé, mais nous allons devoir faire une biopsie. Vous avez une masse très suspecte… "
Et là…
Tout s’effondre.
Tu essaies d’ouvrir la bouche, de trouver les mots, de poser une question, n’importe laquelle… Mais rien ne vient.
Tout tourne autour de toi. Tout s’accélère.
Les infirmières te parlent, te posent des questions, te demandent de remplir des papiers…
Mais toi, tu es là, dans cette pièce, avec un immense vide à l’intérieur.
Tu n’entends presque plus rien. Tu es présente physiquement, mais dans ta tête, tout s’est arrêté.
Tu te répètes sans arrêt :
"Mais non… Mais non… Arrêtez tout, ce n’est pas vrai ! Il faut attendre… Je vais me réveiller… Ce n’est pas possible… "
Et p*s un jour…
Tu fais l’angiomammographie. Puis, de nouveau, l’échographie. Puis la biopsie.
Tu attends les résultats, avec cette boule au ventre, cette peur qui s’installe et ces questions qui tournent en boucle.
Et p*s, un jour, tu entends ce pu**in de mot.
CANCER
Un mot qui s’échappe de la bouche du médecin, presque par erreur. Il ne voulait pas te l’annoncer de cette manière.
Et tu sais quoi ? Je ne lui en veux même pas.
Parce qu’à cet instant, peu importe la manière dont le mot est sorti. Ce qui compte, c’est qu’il est là. Brutal. Violent. Irréversible dans ce qu’il vient de bouleverser en toi.
Et p*s, heureusement, il y a cette merveilleuse infirmière…
Celle qui te prend la main. Celle qui n’a peut-être pas les mots, mais qui fait de son mieux pour te rassurer. Celle qui essaie de te faire comprendre que tu ne seras pas seule.
Elle te dit, à sa manière :
"Ça va aller. On va vous accompagner… "
Oui… Ça va aller...
Du moins, tu essaies de t’en convaincre.
Et p*s un jour, ta vie bascule.
Du jour au lendemain, tu te retrouves projetée sur le banc des personnes atteintes d’un cancer. Sur ce banc où tu n’avais jamais imaginé t’asseoir un jour.
Ce sale microbe qui s’invite dans ton corps sans y avoir été invité. Qui prend sa place, qui bouleverse tout, qui fait naître des peurs dont tu ignorais parfois l’existence.
Après ma fille, c’est moi qui suis atteinte d’un cancer du sein.
Oui, après ma fille, c’est à mon tour.
Et p*s un jour, tu ne vois plus la vie en rose…
Le rose d’Octobre Rose prend une tout autre couleur. Les sourires deviennent plus difficiles. Les journées n’auront plus la même saveur. Les pensées s’entrechoquent et les certitudes disparaissent.
Et p*s un jour, tu vas apprendre à vivre autrement.
Tu penses à aujourd’hui. Tu essaies d’oublier hier et tu n’oses surtout pas envisager demain.
Parce que demain fait peur.
Parce que tu ne sais pas ce qu’il te réserve.
Parce que tu as besoin d’avancer un jour après l’autre, une heure après l’autre, parfois même une minute après l’autre.
Et p*s un jour…
Tu comprends que cette histoire, tu dois la raconter.
Pas pour faire peur. Pas pour faire pleurer. Mais pour faire prendre conscience.
Parce que si mon histoire peut aider ne serait-ce qu’une seule femme, alors elle aura servi à quelque chose.
Le message que je veux faire passer à toutes les femmes est simple : continuez à vous faire dép*ster. Régulièrement. Ne négligez jamais ces rendez-vous, même lorsque tout va bien, même lorsque vous n’avez aucun symptôme.
Mais j’aimerais aussi vous dire quelque chose d’essentiel : apprenez à vous palper correctement les seins.
Oui, CORRECTEMENT.
Demandez à votre médecin de vous montrer les bons gestes. Si vous connaissez une infirmière, demandez-lui de vous apprendre. N’ayez pas peur de poser des questions. N’ayez pas honte de ne pas savoir. Votre santé est trop importante pour laisser place au doute.
Moi, je le faisais régulièrement.
Mais je le faisais mal.
C’était davantage un effleurement qu’une véritable palpation. Je pensais bien faire. Je pensais prendre soin de moi.
Et si j’avais appris à le faire correctement, est-ce que j’aurais senti cette foutue masse plus tôt ?
Peut-être....
Est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Je ne le saurai jamais.
Je ne peux pas réécrire mon histoire. Je ne peux pas revenir en arrière. Mais si je peux vous transmettre ce que j’aurais aimé savoir, alors je veux le faire.
Attention, mesdames : l’autopalpation ne remplace pas le dép*stage organisé ni un avis médical. Et si vous remarquez une boule, un changement de forme, une modification de la peau ou du mamelon, ou quelque chose qui vous semble inhabituel, n’attendez pas le prochain dép*stage pour consulter.
N’attendez pas d’avoir mal. N’attendez pas d’être inquiète au point de ne plus dormir. Et surtout, ne vous dites pas que cela n’arrive qu’aux autres.
Parce que le cancer du sein ne prévient pas. Il ne demande pas la permission. Il ne choisit pas forcément celles qui s’y attendent.
Et derrière chaque diagnostic, il y a une femme. Une mère. Une fille. Une sœur. Une amie.
Une femme qui, la veille encore, riait, plaisantait, faisait ses projets et voyait la vie en rose.
Une femme qui, un jour, a entendu ce mot qu’elle n’aurait jamais voulu entendre.
CANCER
Alors, en ce mois d’Octobre Rose, et tous les autres mois de l’année, prenez soin de vous. Faites-vous dép*ster. Apprenez les bons gestes. Parlez-en autour de vous.
Et si quelque chose vous semble anormal, consultez.
Parce que derrière un simple rendez-vous de dép*stage, il peut y avoir bien plus qu’on ne l’imagine.
Et p*s un jour…
J’aurais aimé que mon histoire commence autrement.
Mais aujourd’hui, si je vous la raconte, c’est pour que vous puissiez peut-être écrire la vôtre différemment.
Prenez soin de vous, mesdames. Vraiment. Parce que votre vie vaut bien plus qu’un rendez-vous qu’on repousse. 💗
Vous l'aurez compris, mais je mets mon activité à l'arrêt pour le moment.
Cathy 🩷🩷🩷🩷🩷🩷
Zen'attitude