29/05/2026
âVotre dossier est trĂšs bien. Le seul problĂšme, câest votre IMC.â
VoilĂ la phrase qui mâa fait comprendre quâĂ 8 mois de grossesse, on venait de me dire : âOn ne sâoccupera plus de vous.â
Depuis 4 mois, je suis suivie à la maternité de la polyclinique de Blois. Tout se passe bien. Gynécologue, sages-femmes, suivi : aucun problÚme. Grossesse sans complication particuliÚre.
Puis arrive LE rendez-vous anesthésiste.
On mâannonce un ânouveau protocoleâ : au-delĂ dâun IMC de 40, certaines patientes ne seraient plus prises en charge.
Mon dossier ? Bon.
Mes antécédents ? Bons.
Mon état de santé ? Bon.
Le problĂšme ? Mon corps. Mon poids. Mon IMC.
Donc Ă 8 mois de grossesse, sans anticipation, sans accompagnement humain digne de ce nom, on vous explique quâil faut partir ailleurs. Recommencer. Vous adapter. Encaisser.
Et on appelle ça du soin ?
Quand une femme enceinte est orientĂ©e en urgence Ă quelques semaines dâaccoucher non pas pour un problĂšme mĂ©dical identifiĂ©, mais Ă cause dâun chiffre, il faut poser une question :
à partir de quand la médecine devient-elle discrimination systémique ?
Je ne demande pas des privilĂšges.
Je demande quâon me soigne avec dignitĂ©.
Je demande quâon arrĂȘte de traiter les corps gros comme des problĂšmes Ă gĂ©rer plutĂŽt que des humains Ă accompagner.
Et le plus violent dans tout ça ?
Le sentiment dâĂȘtre devenue un risque administratif avant dâĂȘtre une patiente.
Je refuse quâon banalise ça.
Je refuse de me taire.
Parce quâaujourdâhui câest moi.
Mais combien dâautres femmes vivent des violences mĂ©dicales, de la grossophobie, de lâhumiliation silencieuse⊠sans jamais oser parler ?
Si ça vous choque, partagez.
Parce quâon ne changera rien tant quâon continuera Ă faire comme si câĂ©tait normal.
Maternité SantéDesFemmes ViolenceObstétricale MaternitéRespectée Santé Accouchement Femmes ParoleDeFemme SystÚmeDeSanté