27/03/2020
La résilience. Ouvrir les points de vue.
Le mercredi 25 mars, le président de la République a déclenché une opération militaire afin de mobiliser les troupes sur le front sanitaire. Cette opération est appelée « opération Résilience ».
Mais qu’est-ce que c’est la résilience ? Et surtout à quoi cette sémantique nous prépare-t-elle ?
En physique, la résilience est la capacité d’un matériau, mesurée par son élasticité, à reprendre sa forme initiale après avoir été comprimé ou déformé. Le principe de résilience est notamment utilisé dans l’aéronautique pour connaître les points de rupture des ailes d’un avion, en vérifiant leur flexibilité.
En psychologie, on nomme résilience la capacité d’une personne ou d’une société à résister à une épreuve brutale et à en tirer parti pour se renforcer.
Nous entendons de plus en plus le mot résilience dans notre perception du monde. Dans la période que nous traversons, comment mettre à profit ce temps de confinement afin de se retrouver plus fort, grandi et serein quand on se prépare au pire ?
Cynthia Fleury parle de la prise en charge rapide de son propre ressenti face aux traumatismes dans sa conférence La clinique de l’avant - Traumatismes et Résilience (voir lien en bas de page)
Traiter la charge émotionnelle quotidienne que représente le manque de liberté, la solitude ou la promiscuité est essentielle afin de grandir dans cette tempête.
Les facteurs prédominants de nos états émotionnels doivent être pris en charge rapidement, « ici, là, maintenant, au présent » afin de ne pas glisser vers un état mélancolique qui pourrait s’installer dans le temps.
Mais comment faire, enfermé chez soi ?
Comme le roseau qui pli au vent, mais casse pas, mais comment garder cette capacité à revenir dans l’axe tout en laissant l’intérêt collectif nous pousser vers une direction qui n’est pas la nôtre ? Comment laisser la tempête extérieure nous balloter dans tous les sens, tout en sachant revenir sur nous et sortir renforcés de ce moment ? Comment s’immuniser et trouver ses repères en pleine tempête ? Voilà la question que je pose ici.
Gardons l’analogie. Botanique du roseau, le roseau a une grande facilité d’adaptation aux différents sols et climats dans lesquels il évolue parce qu’il est à la fois léger et solide : il est constitué de parties dures, mais aussi des points de flexibilité ; il possède une résistance spécifique élevée. Il s’adapte aux différentes conditions auxquelles il est soumis, et s’ancre en prenant sa place. La taille de ses tiges varie selon les espèces et leur environnement ; les chaumes se balancent aux vents forts et plient sous le poids de la neige. Mais il ne se casse que rarement, rendu flexible grâce à son adaptation.
Comment permettre de mettre de la flexibilité pour mieux interagir avec l’extérieur et l’intérieur ?
Comment rester connecté à ses besoins tout en acceptant qu’ils ne soient pas immédiatement assouvis ?
Accepter de se faire envahir, car derrière l’enferment, il y a la valeur de liberté ! Voilà le processus implacable auquel nous devons nous confronter. Aller chercher la valeur, l’ADN de nos pulsions tout en acceptant de se faire traverser par quelque chose que nous ne maitrisons pas.
Apprendre, apprendre, apprendre de tout, se laisser entrainer dans la danse tout en restant suffisamment ancré pour pouvoir en sortir plus solide, savoir avoir mal, savoir être balloté tout en restant droit. Chercher ses limites, mais aussi ses propres capacités d’adaptation et les valoriser, voilà une piste pour dépasser ce confinement.
Et vous, quel roseau êtes-vous ?
https://www.youtube.com/watch?v=6y2KIq98ysI Vidéo Cynthia Fleury
https://fr.wiktionary.org/wiki/r%C3%A9silience Résilience Wikipédia