11/05/2026
Je suis la fille, petite-fille et niÚce de femmes qui ont développé un cancer.
VoilĂ aussi pourquoi aujourdâhui, je prends soin de moi.
Cette photo avec ma grand-mĂšre a rĂ©veillĂ© beaucoup dâĂ©motions chez moi.
Parce quâelle me rappelle les femmes dont je viens.
Des femmes fortes. Courageuses. Résistantes.
Mais aussi des femmes qui se sont beaucoup oubliées.
Ma grand-mĂšre est intolĂ©rante au gluten. Mais âĂ son Ăągeâ comme elle dit, elle veut manger âce quâelle veutâ
Le corps envoie des signaux⊠et elle fait avec.
Une Ă©poque oĂč on continuait malgrĂ© la fatigue, malgrĂ© les douleurs, malgrĂ© lâinconfort.
Elle a passĂ© des annĂ©es Ă laver du linge Ă la riviĂšre, au soleil, pour dâautres familles.
Des heures et des heures exposée.
Et elle a développé un cancer de la peau.
Ma mÚre, elle, a eu un myélome, un cancer de la moelle osseuse.
Les causes exactes restent encore assez floues.
Mais ce qui mâa toujours marquĂ©e, câest Ă quel point elle est attentive aux autres⊠et peu Ă elle-mĂȘme.
Et honnĂȘtement ?
Je crois que beaucoup de femmes se reconnaĂźtront lĂ -dedans.
On apprend Ă ĂȘtre fortes.
Ă tenir.
à gérer.
Ă prendre soin de tout le monde.
Et parfois, on devient étrangÚres à notre propre corps.
Pendant longtemps, moi aussi jâai minimisĂ© certains signaux.
La fatigue. Le stress. Les déséquilibres hormonaux.
Comme si câĂ©tait ânormalâ.
Comme si le corps devait juste suivre coûte que coûte.
(Un peu comme une vieille voiture quâon pousse jusquâĂ ce quâun voyant sâallume)
Aujourdâhui, prendre soin de moi nâa plus rien de superficiel.
Câest une façon de respecter mon corps.
DâĂ©couter avant que ça hurle.
Et peut-ĂȘtre aussi, Ă ma maniĂšre, de rompre certains schĂ©mas transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration.
Prendre soin de soi, ce nâest pas ĂȘtre Ă©goĂŻste.
Câest arrĂȘter de se considĂ©rer comme la derniĂšre roue du carrosse.
đ Est-ce que toi aussi, tu as grandi avec des femmes qui prenaient soin de tout le monde⊠sauf dâelles-mĂȘmes ?