Ecurie Pearl Seeker

Ecurie Pearl Seeker Des thérapies efficaces pour le mieux-être de votre équidé, votre compagnon à 4 pattes ou vous même!

09/09/2026

Combien de chevaux une terre peut-elle porter ?

Ce que vous voyez derrière moi, c'est le pré de juin. Sauf qu'on est en septembre et qu'il n'a pas repoussé depuis.

Ce n'est pas une question de clôtures, ni de places disponibles. C'est la question que je me pose depuis plusieurs mois, et je crois qu'il est temps de la poser à voix haute.

Quand j'ai créé la pension, la question était : comment remplir. Aujourd'hui, elle est complète depuis longtemps, et la question est devenue : combien puis-je en garder sans que ce soit au détriment de ceux qui sont là.

Parce que le contexte a changé. Les étés comme celui que nous venons de vivre vont devenir la norme. L'herbe manque des mois entiers. On distribue du foin à une période où ils devraient être à l'herbe, et ce foin, il faut le produire ou le trouver, le payer, le stocker. La terre, elle, ne s'agrandit pas. Elle se fatigue, alors qu'on lui en demande toujours plus.

Et il y a une chose que j'ai apprise en dix ans : détenir des chevaux, ce n'est pas seulement leur offrir un endroit où vivre. C'est s'engager sur ce que cet endroit sera dans cinq ans, dans dix ans. Pour eux, et pour la terre qui les nourrit.

Alors ma décision n'est pas encore arrêtée. Mais je me pose sérieusement la question.

Les chevaux qui sont là restent là, jusqu'au bout, comme toujours et comme je m'y suis engagée. Mais quand l'un d'eux nous quittera, je ne rouvrirai peut-être pas sa place. Progressivement, au rythme de la vie du troupeau, la pension descendrait vers 20 chevaux.

Pas pour faire moins. Pour faire mieux : plus d'espace par cheval, plus de foin en réserve, plus de marge quand l'année est difficile, plus de temps pour chacun. Offrir mieux, et plus longtemps.

Ça veut dire aussi renoncer à des revenus, et dire non à des gens qui attendent une place. Je le sais. Mais je crois que c'est la bonne question à se poser, pour tous ceux qui détiennent des chevaux, un ou vingt-cinq : est-ce que ce que je leur offre aujourd'hui, je pourrai encore le leur offrir demain ? Et si la réponse est non, qu'est-ce que je change ?

Je suis curieuse de vos réflexions. Vous y pensez aussi ? 👇

05/09/2026

Qui a dit que 25 chevaux ensemble, c'était impossible ?

Quand je dis que mes pensionnaires vivent tous en un seul troupeau, j'ai souvent la même réaction : « 25 ? Ensemble ? Mais ils doivent se battre tout le temps ! » Suivi de : « Le mien, c'est impossible, il ne supporte personne. »

Cette photo, c'est un matin ordinaire ici. Pas de mise en scène. Le troupeau qui attend d'être nourri sur le repas du petit déjeuner, qui m'attend et... le calme.

Alors non, ce n'est pas impossible. Mais ce n'est pas non plus magique. C'est le résultat de choix, et de règles que je ne négocie pas.

🐴 De l'espace pour partir. La plupart des « bagarres » de pré ne sont pas des bagarres, ce sont des chevaux qui n'ont pas la place de s'écarter. Sur mes pistes, le dominé peut toujours s'éloigner, contourner, revenir plus t**d. Le conflit s'éteint avant de commencer.

🌾 Jamais de compétition pour manger. Des points de foin répartis, en nombre suffisant, à volonté. Quand la ressource n'est pas rare, il n'y a rien à défendre. C'est là que se règlent 80 % des tensions.

⏳ Des intégrations qui prennent le temps qu'il faut. Un nouveau ne rentre pas dans le troupeau le jour de son arrivée. Il fait connaissance à travers la clôture, parfois des semaines, jusqu'à ce que je voie que les codes sont posés. Je ne suis jamais pressée sur ce point.

👀 Un troupeau stable. Peu de mouvements, des chevaux qui se connaissent depuis des années. La hiérarchie est claire, chacun connaît sa place, et c'est cette prévisibilité qui rend le groupe serein.

🩹 Des bobos, oui. Des blessures graves, non. Une trace de dents, de pied, un poil retourné, ça arrive. C'est du langage cheval. Ce qui n'arrive pas, c'est le cheval isolé en box qui se tape la tête contre le mur ou qui tique par ennui.

Le cheval « qui ne supporte personne » existe rarement. Ce qui existe, c'est le cheval qui n'a jamais eu la place, la nourriture ou le temps d'apprendre à vivre avec les autres. Ici, la plupart y arrivent. Certains ont mis des mois. Aucun n'a fait marche arrière.

Et le vôtre, il vit comment ? Seul, à deux, en groupe ? Racontez-moi 👇

03/09/2026
27/08/2026
22/08/2026
20/08/2026

Attention aux « fausses recherches scientifiques » publiées à l’aide de l’IA sur les réseaux sociaux !

L’intelligence artificielle est une aide précieuse (vous pouvez d’ailleurs retrouver en lien la série de podcasts sur Radio France à laquelle j’ai participé), mais les dérives sont nombreuses.

Actuellement, les réseaux sociaux sont envahis de fausses publications, largement relayées, qui sont rédigées comme s’il s’agissait de véritables résultats de recherche, avec, à la fin, de fausses références bibliographiques (soit elles n’existent pas, soit elles n’ont rien à voir avec le contenu du post).

Récemment, je suis encore tombée sur une publication qui relayait une prétendue expérience sur les chevaux, qui aurait été menée à INRAE. Or, cette expérience était totalement imaginaire !

Soyons prudents ! Je pense que, pour ne pas se faire berner, la meilleure chose à faire est de suivre des personnes réelles ou des instituts reconnus, qui disposent d’une véritable expertise dans le domaine : vétérinaires, scientifiques, nutritionnistes reconnus, ...

N'hésitez à commenter si vous aussi vous avez repéré de telles publications !

Illustration de Peter Steiner de 1993, encore d'actualité

le lien du podcast :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-code-a-change/le-code-a-change-2-8744568

09/08/2026

Fin mai, c’est au cœur du Perche que nous avons vécu une aventure normande au rythme du cheval local, le percheron.

01/08/2026
01/08/2026

La femme cheval est définitivement une espèce à part.

Je ne sais pas très bien ce qui nous prend, un jour, de nous enticher de ces grands êtres-là, de ces corps immenses, de ces souffles chauds, de ces présences qui finissent par prendre toute la place dans une vie, tout en sachant parfaitement qu’en les aimant, on signe aussi pour l’une des plus grandes peines de notre existence : celle du jour où ils partiront.

Et pourtant, on y va, on y va sans négocier une seule seconde, on y va tout entières.

Parce qu’il existe un lien entre une femme et son cheval que personne ne peut vraiment comprendre, sauf peut-être une autre femme cheval. Un lien silencieux, viscéral, presque ancien, comme s’il ne naissait pas ici mais se souvenait. Un lien qui ne demande ni explication, ni validation.

Il y a cette sécurité qu’il nous apporte, cette manière qu’il a de nous ramener au sol, au souffle, au corps, quand tout part dans tous les sens. Cet amour totalement à part, qui ne ressemble ni à l’amour amoureux, ni à l’amitié, ni même à l’amour que l’on porte à ses enfants.

C’est ailleurs, c’est un très très vieux langage sans mots.
Une fidélité de peau, de regard, de présence comme un pacte invisible entre deux êtres qui, quelque part, se reconnaissent.

Et lui…

Lui, il est tout ça pour moi.

Ma terre et mon ciel à la fois. Celui qui m’ancre quand tout vacille, et celui qui m’élève quand son galop m’emporte au-delà de moi-même. Dans le battement de ses sabots, il y a quelque chose qui remet tout en place, quelque chose qui traverse le corps et qui murmure : tu es là, tu es vivante.

C’est toujours vers lui que je cours. Quand ça ne va pas, quand le monde devient trop lourd, trop bruyant, trop serré, je vais le retrouver et tout se dépose. Mais aussi quand tout va bien, quand la vie est belle, quand le cœur déborde, c’est encore vers lui que je vais, comme si la joie avait besoin d’être déposée là, dans cet espace précis, juste là, entre lui et moi.

Il est ce point de retour, ce lieu où je reviens sans réfléchir.

Mon cœur SAIT, c'est tout.

Il y a entre nous ce quelque chose d’inexplicable, qui échappe aux mots, aux définitions, aux cases. Ce n’est pas seulement une relation, ni même un attachement. C’est un lien qui traverse, qui relie, qui dépasse ce que je comprends moi-même.

Parfois, il suffit que je pose ma main sur lui. Sa chaleur, son souffle, la douceur de sa peau… et tout s’apaise. Comme si mon corps reconnaissait quelque chose d’ancien, un truc profondément juste.

Il ne me demande rien d’autre que d’être là. Entière. Vraie. Présente. Vibrante. VIVANTE.

Et dans ce silence partagé, dans cette présence brute, il me rappelle qui je suis, sans détour, sans masque.

Il est ce lien invisible… celui qui me ramène à la Terre, et qui, sans même que je m’en rende compte, m’ouvre le ciel.

Texte : Cindy Pinchart pour Shaman
📷 LOVE VICTORY, juillet 2026

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