23/06/2025
Je ne crie pas.
Pas parce que je n’ai pas mal.
Mais parce qu’à force, j’ai appris à faire semblant.
À taire ce qui déborde.
À composer avec ce que personne ne voit.
À sourire quand mon corps hurle, quand il me lâche.
À dire “ça va”, même quand rien ne va, quand je n’ai plus la force d’expliquer.
Les douleurs chroniques ne prennent quasi jamais de pause.
Elles s’invitent au réveil,
et s’endorment rarement en même temps que moi.
Elles ne font pas de bruit,
mais occupent tout mon esprit.
Il n’y a pas d’ecchymose, pas de plâtre,
pas de béquille pour s’exposer aux autres.
Les douleurs se font discrètes.
Elles ne communiquent qu’avec moi.
Elles sont ce poids constant, sourd,
qui parfois m’use à petit feu les jours de crise.
C’est un combat silencieux, quotidien.
Ce n’est pas du courage de les supporter.
C’est de l’adaptation.
Une question de survie.
Du silence appris.
Je me suis longtemps excusée d’être lente, absente, fatiguée.
Mais je n’ai plus envie de le cacher comme une honte.
Je choisis de ne plus m’excuser d’être ce que je suis.
Alors parfois, j’hurle des mots, parfois maladroits,
pour tenter d’expliquer l’invisible.
Parce que mes douleurs existent.
Même quand elles ne se voient pas.
Parce que ce que je vis est réel,
même quand personne ne le voit, ne le ressent ou ne le comprend.
Et peut-être qu’en le disant,
je me libère un peu d’elles.