03/09/2026
"J'ai arrêté de fumer, je suis passé à la v**e."
J'entends cette phrase toutes les semaines en cabinet.
Je comprends l'idée. On évite les 7000 produits chimiques de la cigarette. On garde juste la ni****ne.
Mais il y a une question que je pose systématiquement.
Cette cigarette, elle vous servait Ă quoi ?
Le matin, le midi, le soir. En pause. Un peu de stress, on se détend. Une fois, cinq fois, trente fois par jour.
La v**e fait exactement la même chose. La seule différence, c'est le format : au lieu de six minutes de cigarette, ce sont des bouffées répétées toute la journée — qui, mises bout à bout, représentent parfois plus de temps encore.
Pour le cerveau limbique, celui qui m'intéresse en cabinet, rien n'a changé. C'est toujours le même objet qui fait la même chose. Réunion stressante, on tire sur sa v**e. Avant le déjeuner, après le déjeuner, on tire sur sa v**e.
Le circuit est identique.
Et tant qu'on ne change pas ce circuit — que ce soit la cigarette, la v**e, ou un autre gadget dans dix ans — la problématique reste la même.
Ce que je reçois de plus en plus en cabinet depuis trois, quatre ans, ce sont des hommes de 40, 45, 50 ans qui vapotent sans discontinuer. Le travail, ce n'est pas d'interdire l'objet. C'est d'apprendre au cerveau qu'il n'en a plus besoin.
Et à partir de là , cet homme retrouve une vraie liberté.
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