28/03/2020
Il y a près de deux semaines- qui paraissent une éternité tant nos modalités de vie ont depuis fluctué - un discours présidentiel ordonnait le confinement général de la population française pour endiguer la propagation d’un dangereux virus éminemment contagieux. Cette annonce prévisible suivait les mesures prises par d’autres pays quelques semaines auparavant. Aujourd’hui, un tiers de la population mondiale est confiné au même moment. Une situation aussi incroyable qu’inquiétante.
Il est normal qu’un tel bouleversement du réel perturbe le psychisme, et engendre une kyrielle d’émotions négatives allant de la peur, à la tristesse, en passant par la colère. Nous sommes en présence d’un danger avéré, potentiellement traumatisant. Selon le niveau subjectif de dangerosité qu’il représente pour chacun d’un point de vue sanitaire, économique et personnel, son impact psychologique peut varier. Enfants, jeunes adultes, personnes âgés, en bonne santé, fragiles, sujets à l’anxiété ou la dépression, seuls, récemment en couple, mariés, parents, salariés, indépendants, soignants, caissiers, pharmaciens, médecins, vivant en ville, à la campagne, avec des ressources, sans domicile fixe … Chaque situation convoque des possibilités singulières d’intégrer la réalité.
De multiples mécanismes de défense peuvent se déployer allant du déni de la réalité menaçante : «toutes ces histoires pour ce qui est juste un peu plus qu’une grippe», à du contrôle obsessionnel de ses comportements (organisation minutieuse, précautions à outrance … ), ou de l’intellectualisation pour mettre à distance voire de l’humour très noir. Ces mécanismes, que je détaillerai plus t**d, sont une même tentative de faire diminuer l’anxiété, plus ou moins importante selon chacun, que suscite cette nouvelle réalité. Dans le cas où ils n’y parviendraient pas suffisamment, des symptômes peuvent se développer (troubles du sommeil, de l’appétit, de l’humeur, des phobies…). Il est important d’y être vigilant, et de savoir, le cas échéant, solliciter une aide psychologique adaptée.
« L’intelligence c’est la faculté d’adaptation » a conclut de ses travaux le célèbre biologiste et psychologue Jean Piaget. Les espèces ont développé l’instinct que leur survie dépendait de leur adaptation aux changements d’environnement. Les bouleversements actuels sont l’occasion pour l’être humain de faire la preuve de son intelligence.