07/09/2026
𝗕𝗹𝗲𝘀𝘀𝘂𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́ : 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗲́𝗮𝗰𝘁𝗶𝘃𝗲 𝗱'𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝘁𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀
Il est possible de comprendre très précisément l'origine de certaines de nos réactions… et de constater qu'elles continuent pourtant à se produire.
Nous pouvons avoir identifié nos schémas relationnels, compris l'origine d'une peur de l'abandon, reconnu certains mécanismes de défense ou fait des liens très clairs entre notre histoire et ce que nous vivons aujourd'hui.
Et pourtant, dans certaines situations, la réaction s'impose avant même que nous ayons le temps de mobiliser cette compréhension.
Une colère surgit.
Une peur envahit.
Le besoin de se retirer, de contrôler, de s'accrocher ou de se protéger prend le dessus.
Ce décalage entre ce que nous savons consciemment et ce qui continue de s'activer dans l'expérience est une réalité fréquemment rencontrée dans le travail thérapeutique.
Car une expérience ne laisse pas uniquement une trace sous la forme d'un souvenir ou d'un récit.
Elle participe également à l'organisation de nos réponses émotionnelles, attentionnelles, corporelles et relationnelles.
Au fil de notre histoire, nous développons des stratégies d'adaptation qui permettent de faire face à ce qui, à un moment donné, a été vécu comme trop intense, insécurisant ou impossible à traverser seul.
Ces stratégies peuvent devenir relativement automatiques.
Elles s'activent alors non seulement en fonction de la réalité présente, mais également en réponse à certains indices — parfois très subtils — qui évoquent une expérience antérieure : un ton de voix, une distance relationnelle, un silence, une absence de réponse, une expression du visage ou encore une sensation corporelle.
Le système de protection ne fait pas toujours une distinction immédiate entre ce qui est en train de se produire et ce qui ressemble à quelque chose qui s'est déjà produit.
C'est pourquoi l'analyse intellectuelle, bien qu'essentielle, ne suffit pas toujours à transformer une réaction.
On peut savoir que l'on n'est plus en danger et ressentir pourtant une activation intense.
On peut comprendre que l'autre n'est pas en train de nous abandonner et voir malgré tout se déclencher une réponse de panique, de contrôle ou de retrait.
Le travail thérapeutique consiste alors, entre autres, à développer progressivement la capacité à reconnaître l'activation au moment où elle se produit, plutôt qu'à n'en comprendre le sens qu'après coup.
Cela implique de pouvoir porter attention aux différentes dimensions de l'expérience : les sensations corporelles, les mouvements d'approche ou d'évitement, les émotions, les pensées, les impulsions et ce qui se joue dans la relation.
Dans une approche psychocorporelle, le corps n'est pas envisagé comme un simple « lieu de stockage » du passé.
Il participe en permanence à notre manière de percevoir, d'évaluer et de répondre à notre environnement.
Travailler avec cette dimension permet parfois d'approcher ce qui se rejoue autrement que par le seul récit ou l'interprétation. C'est comme percevoir au-delà de notre histoire, y compris transgénérationnelle.
L'enjeu n'est pas de supprimer nos mécanismes de protection.
Ils ont souvent été nécessaires et continuent parfois de l'être.
Il s'agit plutôt de retrouver une plus grande flexibilité dans nos réponses.
Pouvoir percevoir qu'une ancienne stratégie est en train de s'activer.
Différencier progressivement ce qui appartient au passé de ce qui se joue réellement dans le présent.
Et, lorsque les conditions sont suffisamment sécurisantes, une nouvelle réalité peut apparaître au bout du processus, et permettre d'expérimenter d'autres manières de rester en relation avec soi-même et avec l'autre.
Le changement ne consiste pas toujours à ne plus rien ressentir.
Il peut consister à pouvoir rester présent à ce que nous ressentons, sans que la totalité de notre comportement soit organisée par une réponse ancienne.
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Céline Baudet
Thérapeute psychocorporelle à Ploemeur, près de Lorient
Consultations en cabinet et en visio
Coeur-en-corps.fr