19/06/2026
𝗝𝗲 𝗻’𝗮𝗶𝗺𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗰𝗵𝗲́ : 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗮𝗰𝘁 𝗾𝘂𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗹𝗮 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗮𝗻𝗰𝗲
Ne pas aimer être touché peut parfois être difficile à expliquer. Certaines personnes se sentent immédiatement tendues lorsqu’on les prend dans les bras, reculent lorsqu’une main se pose sur leur épaule ou évitent les massages, même lorsqu’elles aimeraient réussir à se détendre.
Cette réaction est souvent mal comprise. L’entourage peut l’interpréter comme de la froideur, une difficulté à donner de l’affection ou un rejet de l’autre. Pourtant, le rapport au toucher ne dépend pas seulement de notre volonté ou de nos sentiments.
Être touché suppose de laisser quelqu’un entrer dans notre espace personnel. Cela engage le corps, les limites, la confiance et le sentiment de sécurité.
𝗟𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗰𝗵𝗲𝗿 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝘂𝗻 𝗴𝗲𝘀𝘁𝗲 𝘁𝗼𝘁𝗮𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗻𝗼𝗱𝗶𝗻
Le toucher est l’un de nos premiers modes de communication. Avant même de pouvoir parler, nous découvrons le monde à travers les sensations, la proximité, la chaleur et la manière dont nous sommes portés ou apaisés.
Mais un même geste ne sera pas vécu de la même façon par tout le monde. Une main posée sur le bras peut être réconfortante pour une personne et intrusive pour une autre.
Pour pouvoir accueillir un contact, le corps a besoin de percevoir plusieurs éléments :
- que le geste est consenti ;
- qu’il est suffisamment prévisible ;
- que la personne peut dire non ou demander qu’il s’arrête ;
- que ses limites seront entendues ;
- qu’elle ne risque pas d’être envahie, immobilisée ou jugée.
Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, le système nerveux peut se mettre en vigilance. Le corps se contracte, la respiration se bloque, l’envie de fuir apparaît ou, au contraire, la personne peut se couper de ses sensations.
Ce n’est pas forcément un refus réfléchi. Il peut s’agir d’une réaction de protection.
Ne pas aimer être touché : quelles peuvent être les causes ?
Il n’existe pas une seule explication. Le rapport au toucher se construit à partir de notre histoire, de nos expériences, de notre sensibilité et de notre état du moment.
𝗨𝗻𝗲 𝘀𝗲𝗻𝘀𝗶𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝗲𝗻𝘀𝗼𝗿𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁𝗲
Certaines personnes ressentent les stimulations corporelles de manière très intense. La pression, la chaleur, certaines textures ou un contact inattendu peuvent rapidement devenir désagréables.
Le besoin d’espace ne signifie alors pas nécessairement qu’il existe un traumatisme. Il peut simplement correspondre à une sensibilité particulière qui mérite d’être respectée.
𝗗𝗲𝘀 𝗹𝗶𝗺𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗿𝗽𝗼𝗿𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗲𝘂 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁𝗲́𝗲𝘀
Lorsqu’une personne a grandi dans un environnement où elle devait embrasser, faire un câlin ou accepter une proximité physique pour ne pas vexer, elle a parfois appris que son refus n’était pas vraiment entendu.
Le corps peut ensuite devenir particulièrement vigilant dès que quelqu’un s’approche. Le problème n’est pas toujours le contact lui-même, mais la crainte de ne plus pouvoir choisir.
𝗨𝗻 𝗺𝗮𝗻𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗲́𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗼𝘂 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗮𝗻𝗰𝗲
Se laisser toucher suppose une forme d’abandon et de vulnérabilité. Cela peut être difficile lorsqu’on a appris à rester constamment en contrôle, à ne dépendre de personne ou à anticiper les intentions des autres.
La proximité physique peut alors réveiller la peur d’être envahi, manipulé ou pris au piège.
𝗨𝗻𝗲 𝗶𝗺𝗮𝗴𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗿𝗽𝘀 𝗱𝗼𝘂𝗹𝗼𝘂𝗿𝗲𝘂𝘀𝗲
Les complexes, la honte, les troubles alimentaires, les transformations physiques, la maladie ou certaines expériences médicales peuvent modifier la relation au corps.
Être touché peut donner l’impression que le corps est observé, évalué ou exposé. La personne peut craindre le regard de l’autre, même lorsqu’aucun jugement n’est exprimé.
𝗗𝗲𝘀 𝗱𝗼𝘂𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗼𝘂 𝗱𝗲𝘀 𝗲𝘅𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗿𝗽𝗼𝗿𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗶𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗹𝗲𝘀
Lorsqu’un corps a été associé à la douleur, à des soins invasifs ou à des gestes subis, il peut rester sur la défensive.
Un contact pourtant doux peut alors être anticipé comme potentiellement douloureux ou dangereux.
𝗗𝗲𝘀 𝗲𝘅𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗮𝘂𝗺𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀
Chez certaines personnes, la difficulté avec le toucher peut être liée à des violences physiques, sexuelles ou relationnelles, mais aussi à d’autres événements au cours desquels le corps n’a pas pu se protéger ou faire respecter ses limites.
Le corps peut avoir enregistré que la proximité représentait un danger. Même lorsque la situation présente est différente, il peut réagir comme s’il devait encore se défendre. Le système nerveux se met alors en alerte.
Cela ne signifie pas que toute personne qui n’aime pas être touchée a nécessairement vécu un traumatisme. Il est important de ne pas tirer de conclusion ni de chercher à tout prix une cause cachée. Seule la personne peut progressivement comprendre ce que cette réaction signifie pour elle.
𝗤𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗿𝗽𝘀 𝗱𝗶𝘁 𝗻𝗼𝗻 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗺𝗲̂𝗺𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹’𝗼𝗻 𝗮𝗶𝘁 𝗹𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗱𝗲 𝗿𝗲́𝗳𝗹𝗲́𝗰𝗵𝗶𝗿
Face à un contact, différentes réactions peuvent apparaître :
- une contraction musculaire ;
- une envie de s’éloigner ;
- une respiration courte ;
- une sensation d’agacement ou de panique ;
- une impression d’être figé ;
- une absence soudaine de sensations ;
- le besoin de plaisanter ou de parler pour ne pas ressentir ;
- la difficulté à dire que le geste dérange.
Ces réactions ne sont pas des caprices. Elles peuvent être la manière dont le système nerveux tente de maintenir une distance protectrice.
Le travail ne consiste donc pas à obliger le corps à supporter le toucher. Il s’agit d’abord de restaurer une possibilité de choix.
𝗟𝗲 𝗺𝗮𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲 𝗻’𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝗮̀ 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗲́𝗽𝗿𝗲𝘂𝘃𝗲 𝗮̀ 𝘀𝘂𝗿𝗺𝗼𝗻𝘁𝗲𝗿
Lorsqu’on n’aime pas être touché, l’idée de recevoir un massage peut sembler contradictoire, voire impossible.
Pourtant, la question essentielle n’est pas seulement : « Est-ce que j’aime être touché ? »
Elle peut devenir :
Dans quelles conditions mon corps pourrait-il se sentir suffisamment en sécurité pour accueillir un contact ?
Un massage ne devrait jamais demander de se forcer, de prendre sur soi ou de rester immobile en attendant que cela passe. La détente ne peut pas être imposée. Elle apparaît plus facilement lorsque la personne se sent respectée, informée et libre.
𝗟𝗲 𝗺𝗮𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲 𝗣𝗹𝗲𝗶𝗻𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝗰𝗲 : 𝘂𝗻𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗰𝗵𝗲𝗿 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝘁𝗼𝘂𝘁
Dans les séances de massage Pleine Présence, le toucher n’est pas utilisé comme une technique appliquée mécaniquement sur le corps.
Il s’agit d’un toucher attentif, lent et ajusté, qui cherche d’abord à rencontrer la personne là où elle en est.
Avant la séance, un temps d’échange permet de préciser les besoins, les appréhensions et les zones qui ne doivent pas être touchées. La personne peut rester habillée si cela lui permet de se sentir davantage en sécurité. Elle peut également demander de modifier la pression, de changer de position, d’interrompre un geste ou d’arrêter complètement la séance.
Le consentement n’est pas donné une seule fois au début. Il reste vivant tout au long de la rencontre.
La qualité du toucher repose notamment sur :
- une présence calme et non intrusive ;
- des gestes suffisamment lents et prévisibles ;
- une pression ajustée aux réactions du corps ;
- l’absence d’attente ou d’obligation de se détendre ;
- le respect des silences et du rythme de la personne ;
- une attention portée aux signes de tension, de retrait ou d’inconfort ;
- la liberté permanente de dire oui, non, moins, autrement ou stop.
Ce cadre peut permettre au corps de découvrir qu’un contact peut être proposé sans être imposé.
𝗥𝗲𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝘀𝘀𝗶𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘀𝗶𝗿
L’objectif n’est pas de devenir une personne qui aime forcément les câlins ou les massages. Chacun possède ses préférences et ses limites.
L’enjeu est plutôt de pouvoir distinguer ce qui relève d’un choix actuel de ce qui correspond à une réaction automatique de protection.
Au fil d’une séance, une personne peut parfois expérimenter qu’elle peut ressentir sans être envahie, rester présente sans perdre le contrôle et recevoir sans avoir à répondre aux attentes de l’autre.
Le toucher peut alors devenir un espace d’écoute plutôt qu’une intrusion.
Cela ne constitue pas, à lui seul, un traitement du traumatisme. Lorsque des réactions très intenses, des souvenirs ou une grande détresse apparaissent, un accompagnement thérapeutique adapté peut être nécessaire. Le massage peut néanmoins s’inscrire dans une démarche psychocorporelle globale, en complément d’un travail qui respecte le rythme et les ressources de chacun.
𝗘̂𝘁𝗿𝗲 𝗮𝗰𝗰𝘂𝗲𝗶𝗹𝗹𝗶 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗮̀ 𝘀𝗲 𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲𝗿
Ne pas aimer être touché ne signifie pas être incapable de lien, de tendresse ou de confiance.
Cela peut simplement indiquer que le corps a besoin de davantage de temps, de clarté et de sécurité pour accueillir la proximité.
Dans une séance de massage Pleine Présence, il n’y a rien à réussir. Vous n’avez pas à vous abandonner immédiatement, à fermer les yeux ou à vous détendre sur commande.
La séance se construit à partir de ce qui est possible pour vous, aujourd’hui.
Car un toucher véritablement sécurisant ne cherche pas à franchir les défenses. Il les écoute, les respecte et laisse progressivement au corps la possibilité de ne plus avoir à se protéger de la même manière.
Céline BAUDET
Thérapeute Psychocorporelle
📍A Ploëmeur près de Lorient en cabinet
📅 Réserver une séance : https://coeur-en-corps.reservio.com