02/09/2026
Très chers amis lecteurs,
Il est des situations qui donnent à votre servante cette irrésistible envie de soulever délicatement un sourcil. La téléconsultation qui se développe à Porcelette et concerne également Varsberg en fait partie.
Précisons immédiatement les choses : dans un territoire où l’accès au médecin devient parfois une discipline d’endurance, chercher des solutions est non seulement légitime, mais nécessaire. Depuis le départ d'un des derniers généralistes de Porcelette en juin, personne ne contestera sérieusement l’urgence de répondre aux besoins des habitants.
Mais voici que le nom de MEDADOM, plateforme nationale de téléconsultation, apparaît dans le paysage.
Fort bien.
À ceci près qu’une autre solution existe déjà… précisément sur ce territoire.
Depuis près de trois ans, la CPTS Vallée de la Nied, dont le siège se trouve justement à Porcelette et dont le territoire couvre 73 communes, développe une téléconsultation dite « assistée et augmentée ». Et la nuance n’est pas uniquement sémantique : le patient n’est pas abandonné devant un écran. Un infirmier libéral l’accompagne, recueille antécédents et traitements, prend les constantes et utilise, lorsque nécessaire, des dispositifs médicaux connectés.
Le dispositif revendique environ 1 500 téléconsultations réalisées depuis son lancement, avec une activité récente d’une cinquantaine par mois. Il intervient dans différents lieux, mais également en EHPAD, en résidence autonomie ou au domicile de patients ne pouvant se déplacer.
Surtout, il prévoit un après. Des médecins partenaires identifiés peuvent assurer le suivi d’un bilan perturbé ou reprendre contact avec le patient. Autrement dit, la question n’est pas seulement : « Peut-on obtenir une consultation ? », mais également : « Que se passe-t-il ensuite ? »
Alors pourquoi déployer parallèlement une solution nationale ?
Attention : cela ne signifie nullement qu’elle serait moins pertinente, ni que les deux dispositifs seraient parfaitement substituables. Nous ne disposons pas, à ce stade, de tous les éléments permettant de comparer leurs conditions de fonctionnement, leur financement, leurs publics ou leur articulation avec les professionnels locaux.
C’est précisément pourquoi quelques questions mériteraient des réponses.
La solution territoriale existante a-t-elle été étudiée avant ce choix ? Une complémentarité a-t-elle été envisagée ? Qui financera locaux, équipements et fonctionnement ? Et surtout, comment sera organisée la continuité des soins ?
Car le numérique peut rapprocher un médecin d’un patient.
Encore faut-il éviter qu’en rapprochant les écrans, on éloigne les acteurs qui travaillent déjà sur le même territoire.
La téléconsultation n’est donc peut-être pas le véritable sujet.
Le sujet, mes chers lecteurs, pourrait être beaucoup plus simple : avant d’inventer une nouvelle porte, avons-nous regardé si l’une de celles qui existaient déjà était ouverte ?
Votre très dévouée et attentive servante.