18/09/2020
Couper les liens pour couper les entraves. Couper les liens pour évoluer, pour se transformer. Quand une relation est toxique, quand on passe son temps à réanimer cette relation, quand on a cette impression de perdre son temps, de perdre son énergie, alors, oui, il faut mieux couper les liens. L'humanité qui est notre essence première implique beaucoup de souffrances et de douleurs. Il me semble que la peur est la première d'entre elles. La peur d'aimer, la peur de ne pas être aimé, la peur de l'abandon, la peur de la mort, la peur d'échouer, la peur de se tromper, la peur de faire des choix. Très souvent, on peut avoir l'impression que faire un choix implique de délaisser ou d'abandonner quelque chose ou quelqu'un. Et inévitablement cela arrive. Mais ce n'est qu'une impression. En réalité, on ne peut pas abandonner quelqu'un d'indépendant. On peut abandonner un bébé ou un vieillard qui sont, eux, dépendants et donc dans l'obligation d'avoir besoin d'une tierce personne pour répondre à leurs besoins primaires. Par contre, on peut ne plus vouloir d'une situation ou d'une personne, on peut laisser, on peut cesser, on peut quitter, lâcher ou encore renoncer. La plupart du temps on ne voit que la perte de la situation ou de la personne après avoir fait notre choix, on ne regarde que derrière nous et l'on regrette notre choix car profondément on a peur de l'inconnu. Car si même cette situation nous faisait effroyablement souffrir, il y avait une part de nous qui s'y complaisait car nous connaissions tous les rouages et tous les mécanismes qui faisaient fonctionner cette situation. En choisissant de nous extirper de cette situation avec tout ce que cela implique, à savoir une rupture ou une perte, le doute, la peur de s'être trompé, l'incertitude et aussi, par dommage collatéral, on peut ressentir de la colère contre nous de nous avoir fait subir cette situation douloureuse, de l'incompréhension vis à vis des personnes qui nous ont souffrir ou encore de la culpabilité vis à vis de la personne qu'on a l'impression de délaisser. Cependant, rester dans une situation douloureuse, même si elle a quelque chose de sécurisant car habituelle, ne nous permet pas d'avancer ou d'évoluer, bien au contraire, même si on a l'impression de la "contrôler" (les personnes mêlées à ces situations sont "réconfortantes" dans le sens où elles réagissent toujours de la même façon, on sait d'avance que si on dit telle chose ou si on fait telle chose, elles réagiront de telle ou telle manière d'où la sensation de "contrôle") en elle-même la situation est pourrissante, sans que l'on s'en aperçoive, elle détruit, peu à peu, notre volonté, nos aspirations, notre énergie et surtout elle détruit notre confiance en nous, dans notre capacité à évoluer et le plus important : elle détruit notre estime de soi. Parfois, on en vient même à se dire que l'on mérite de vivre à répétition cette situation qui nous fait tant souffrir. Alors on décide de l'accepter et de l'endurer. Mais il y a souvent une chose que l'on oublie : les personnes impliquées dans ces situations sont, très souvent, aussi malheureuses que nous et en souffrent tout autant. La peur de perdre l'autre, de lui faire du mal, la culpabilité, les croyances limitantes, la volonté d'être aimé coûte que coûte, le désir de plaire deviennent alors des arguments de poids dans notre décision de ne pas changer les choses. Evidemment, dans cette prise de décision, le mental y est pour beaucoup. Il déteste les pertes de repères et les bouleversements. Il fait tout pour se sentir rassuré en "sécurité". Se défaire d'une situation douloureuse c'est se donner la possibilité d'évoluer et d'avancer vers soi-même, c'est aussi prendre le temps de s'écouter, de se libérer mais aussi de libérer les autres personnes concernées par la situation et ainsi leur donner l'occasion d'avancer, elles aussi, vers elles-mêmes. Accepter d'avancer vers soi, de croire en son chemin, de s'écouter, d'affronter ses peurs, de repousser ses limites, de lâcher prise, d'accueillir pleinement avec bienveillance et sans aucun jugement ce que l'on ressent, d'être doux avec soi-même, d'assumer ses parts d'ombre, de travailler sur soi demande énormément de volonté et de courage. Je crois qu'il n'y a rien de plus effrayant que de plonger profondément en soi, de partir à la découverte de qui on est vraiment. Et pour se faire, se dépouiller des relations toxiques ou à sens unique, des situations douloureuses est un passage plus que nécessaire. Couper les liens pour couper les entraves.