03/09/2026
Pourquoi un enfant « emprunte » notre système nerveux ?
Imagine un tout-petit qui se met à pleurer parce qu'il est fatigué, qu'il a faim ou qu'il vient de vivre quelque chose de trop intense pour lui. Il ne peut pas encore simplement se dire : « Mon système nerveux est activé, je vais respirer profondément et attendre que cela passe. » Son cerveau et son corps sont encore en plein développement et il a besoin de l'adulte pour retrouver progressivement son équilibre.
C'est pour cela que notre présence compte autant.
Lorsque nous prenons notre enfant dans nos bras, que notre voix ralentit, que notre regard reste disponible et que notre corps lui offre un espace suffisamment sécurisant, nous ne sommes pas simplement en train de le rassurer avec des mots. Nous lui prêtons, en quelque sorte, notre capacité à revenir au calme.
Cette corégulation continue d'exister lorsque l'enfant grandit, même si elle prend des formes différentes. Un enfant peut avoir besoin de notre présence après une grosse colère, un adolescent peut avoir besoin de sentir que nous pouvons entendre ce qu'il traverse sans immédiatement chercher à résoudre ou à contrôler, et même un jeune adulte peut encore avoir besoin de savoir qu'il existe auprès de ses parents un espace où il peut déposer ce qu'il vit.
Mais il y a quelque chose d'important à comprendre : nous ne pouvons pas être ce point d'appui en permanence si nous sommes nous-mêmes complètement débordés.
Cela ne signifie absolument pas qu'il faudrait être une maman toujours calme, disponible et parfaitement régulée. Nous avons nos propres histoires, nos propres blessures, nos journées difficiles et nos moments où nous aussi avons besoin d'être soutenues.
Il s'agit plutôt de pouvoir progressivement reconnaître ce qui se passe en nous. Sentir que notre cœur accélère, que notre respiration se bloque, que notre corps se tend, que notre patience diminue… et pouvoir se dire : « Là, quelque chose s'active en moi. J'ai besoin de revenir à moi avant de continuer. »
C'est là que notre propre sécurité intérieure devient tellement importante dans la relation avec notre enfant.
Parce qu'avant de lui apprendre à traverser ses émotions, nous pouvons aussi lui montrer, par notre manière d'être, qu'une émotion peut être traversée. Qu'un moment de tension n'est pas la fin du monde. Que l'on peut se perdre un instant et retrouver son chemin. Que l'on peut avoir besoin de faire une pause, de respirer, de demander de l'aide et de revenir ensuite dans la relation.
La corégulation, ce n'est donc pas « calmer son enfant ». C'est lui offrir, dans la relation, une expérience de sécurité à partir de laquelle il pourra peu à peu construire la sienne. 🌿