16/10/2020
Dans une semaine je commence mon premier stage en Fauconnerie.
J'ai tellement hésité quand j'ai vu le prix des formations, sans compter après tout le matériel et moyens que cela implique. Mais comme j'ai pris l'habitude de le faire, je me suis dit, les moyens viendront si le chemin est juste. Alors, j'ai sauté le cap. Stage de découverte d'abord.
Puis, en Mars direction les Pyrennées pour la semaine de totale intégration. Une formation de maître à élève, pas une formation de groupe. Ca aussi c'est quelque chose que j'attendais depuis longtemps: de croiser mon maître, celui qui me partagerait ses secrets, ses savoir-faire. Celui qui accepterait de m'initier, moi l'espèce d'oisillon sans plume paumé dans ce monde dit civilisé, qui ne m'apprendrait pas dans les livres, qui me testerait, qui saurait faire le lien entre ma personnalité, mes peurs, mes doutes et la personnalité des membres de sa famille à serres et à plumes. Un urluberlu, plus très humain à force de parler le langage des rapaces.
Les stages habituels commencent à 9h et se finissent à 17h. Mon coeur a fait boom quand il m'a dit:
"Es-tu prête à errer avec moi toute une nuit à la recherche d'un oiseau si le contact est rompu?" "tu te sens de ne pas compter les heures?"
Mais oui je suis prête, je n'attendais que cela!!
Je me suis dis que c'est complètement taré, que je ne suis pas raisonnable mais je sens la gamine de 18 ans en moi, celle qui collectionnait les chouettes, qui voulait vivre en roulotte avec sa poule, qui voulait s'arrêter dans les villages pour raconter des histoires, qui s'est sentie bridée, qui prend le dessus. C'est elle depuis 3 ans qui me rend toujours plus heureuse. C'est sa parole sage contre la mienne sclérosée des représentations de mon époque.
J'aurai bien le temps d'être raisonnable quand je n'aurai plus toute ma tête, quand je ne pourrai plus me déplacer comme je le souhaite. Je n'aurai que cela à fo**re d'être sage si cela me chante.