12/01/2018
Sorhavardî : Le livre de la sagesse :
« La lumière d'un éclair se présente aux novices fulgure et se replie comme la fulguration d'un éclair délicieux…
Souvent l'on entend, en même temps que lui, un bruit qui ressemble à celui d'un tonnerre ou un bourdonnement dans le cerveau. Une lumière soudaine et délicieuse dont l'irruption ressemble à ce que serait celle d'une eau brûlante sur la tête. Une lumière qui persiste un temps assez long, qui subjugue avec violence et qui s'accompagne d'une sorte de torpeur dans le cerveau. Une lumière extrêmement douce qui est sans ressemblance avec l'éclair, qui est accompagné d'un état d'allégresse subtile et tendre, étant mise en vibration par la puissance de l'amour… qui se manifeste par un concert de timbales et de trompettes.
une lumière très éclatante, extrêmement douce… on a l'impression qu'elle empoigne la chevelure, qu'elle la tire avec force, et lui impose une souffrance délicieuse.
Une lumière en même temps qu'une étreinte, on a l'impression qu'elle est implantée dans le cerveau…
Tout cela, ce sont des illuminations qui se lèvent sur l'âme humaine régente de son corps ».
Lumière mystique offrant la félicité comme le fruit de longues pratiques corporelles et de visualisations, éclair de génie qui conclue à l'aboutissement de ce que l'on s'est efforcé de saisir: il est intéressant pour nous, occidentaux modernes et raisonnés de nous imprégner de la puissance de ce passage ; l'image d'une idée d'un bonheur fort à vivre dans notre être, d'une quête de dépassement et de liberté à l'origine de notre talent et notre créativité.
Cette lumière foudroyante a certainement précédé l'instant de l'euréka crié par Archimède, courant nue, raconte t'on lorsqu'il comprit la portée de la poussée d'un corps plongé dans l'eau.
Pour Archimède, le travail d'analyse a contribué a des compétences améliorés par la répétition mais il se heurtait à ses limites qu'un état en lien au corps et à l'imagination a levé.
Cette découverte a été favorisée par un état de passivité puisqu'il se relâchait dans son bain après de longs moments de vigilance et de tension mobilisées dans sa recherche; deux états d'être et de conscience que nous cherchons à accompagner en sophrologie pour développer ce que l'on nomme la « sérénité ou quiétude » et l'état de « flow ». Le premier état concerne l'ensemble de la première partie qui a trait à l'individu et le deuxième dans son rapport à l'environnement, à une tâche, une activité en entreprise. Les 2 ont en commun une recherche harmonieuse, une éthique qui relie notre existence à un bien-être vécu.
Il m'a semblé indispensable pour travailler à la compréhension du sujet d'apporter quelques notions pluridisciplinaire à la pratique. Pour comprendre et connaître le cheminement, il m'a semblé utile de donner quelques pistes d'ouverture ; libre à chacun de se les approprier et de les travailler pour renforcer selon les besoins des convictions personnelles et des projets.
Je commencerai donc la clarification de mon choix d'argumenter la sophrologie à partir des notions philosophiques : la sophrologie, en tout cas d'inspiration française existentialiste, repose sur la phénoménologie de la conscience née d'un philosophe mathématicien. Ensuite, je l'oppose à la morale : la morale est bonne pour façonner les enfants dans l'apprentissage des règles de vie, de conduites sociales, pour prévenir des dangers, des risques disciplinaires et pénales. La morale est une force lorsqu'elle demeure sociale et hors sphère individuelle. En tension constante dans sa relation visant à améliorer la réglementation, la règle législative est une solution de choix car plus pragmatique et moins arbitraire. La morale, à l'échelle individuelle peut engendrer une confusion inter individuelle et devenir un instrument d'emprise qui fragilise un possible nouveau départ, l'accès à la créativité et à l'épanouissement en raison de la honte et la culpabilité qu'elle engendre. Elle masque et cuirasse les sujets en faux vouloir et délit de faciès. Elle en devient brutale,, incompréhensible, vulgaire et injuste. Elle coupe court à la communication, à la coopération et fait naître rejet et rebellion ; tout l'inverse de ce qu'elle cherche à combler pour l'être social qui l'a engendré: la reconnaissance de sa vulnérabilité et son incertitude face à l'environnement ; une nudité fragile que la maturité transforme en force lorsqu'elle remonte le courant du sensible, de l'intime conviction pour mener aux choix de l'essentiel : le doux, l'important, le souhaitable. Donc, pour contrebalancer cet héritage nécessaire, l'étude de certains notions philosophiques peut constituer la base d'orientation de la pratique afin d'édifier une éthique et faire apparaître pas à pas la singularité de l'être dans ce qu'il révèle de meilleur.