Feng Shu Li - MTC

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Feng Shu Li - MTC praticien en médecine énergétique chinoise: massage tui na, digitopuncture, moxibustion, ventouse...

26/09/2026

LE FANTÔME QUI PRESSE LE LIT

Nous nous réveillons dans notre chambre. Tout semble à sa place, sauf cette silhouette près du lit. Nous voulons bouger, appeler quelqu’un, mais le corps ne répond pas. Une pression pèse sur notre poitrine et nous avons la certitude qu’une présence nous observe. Nous avions pourtant prévu une nuit assez banale.

La médecine appelle cela une paralysie du sommeil. Pendant le sommeil paradoxal, l’activité de nos muscles est fortement inhibée. Il arrive que la conscience se réveille alors que cette inhibition persiste. Des perceptions issues du rêve peuvent accompagner cet état : une ombre près de la porte, des bruits ou la sensation d’être touché. L’expérience est saisissante et peut durer de quelques secondes à quelques minutes.

En Chine, elle porte un nom particulièrement expressif : 鬼壓床, guǐ yā chuáng, « le fantôme presse le lit ».

Le caractère 鬼, guǐ, mérite qu’on s’y arrête. Dans certaines de ses formes anciennes, nous distinguons un corps agenouillé, 卩, surmonté d’une tête démesurée. L’écriture représente un être qui ressemble à un humain tout en s’en distinguant. Le terme désigne notamment les esprits des morts.

壓, yā, signifie presser, écraser. Il associe 土, la terre, à 厭, qui fournit ici l’indication phonétique. Quant à 床, chuáng, le lit, sa graphie actuelle laisse reconnaître 木, le bois, sous 广, une forme d’abri. En trois caractères, nous avons la présence, son action et l’endroit où nous aurions préféré être tranquilles.

Cette expression appartient à la culture populaire chinoise. Le taoïsme traditionnel l’inscrit dans une conception où les relations avec les défunts et les influences invisibles font partie de l’existence. Certaines expériences nocturnes y sont interprétées comme des intrusions qui appellent une réponse rituelle.

Dans l’école taoïste Wujimen, nous utilisons un modèle à neuf dimensions pour situer les différents plans sur lesquels la pratique peut agir. Les Gui relèvent de la sixième dimension, un domaine très yin où nous retrouvons notamment les liens avec les morts et certaines influences persistantes du passé.

Dans cette lecture, une influence fortement yin est difficile à dissoudre avec un yang faible. Une personne épuisée, effrayée, qui dort mal depuis plusieurs nuits dispose de peu de ressources pour y faire face. Lui demander de se concentrer davantage peut vite devenir une épreuve supplémentaire.

C’est là que le rituel prend sa place. Le pratiquant fait appel aux déités de sa tradition pour mobiliser un yang puissant, capable d’agir sur ce qui résiste à ses seules forces. Les talismans et les invocations s’inscrivent dans cette relation. L’officiant s’appuie sur une pratique reçue et cultivée dans son école pour dégager l’influence et rétablir une protection. Un Fu (talisman) accroché près du lit, ou parfois placé sous le coussin, appartient à tout cet ensemble de pratiques.

Au quotidien, nous pouvons aussi préparer le coucher autrement. Posons les mains sur le bas-ventre et restons quelques minutes à sentir leur contact, en laissant la respiration se faire naturellement. Dans la pratique taoïste, ramener l’attention vers le bas-ventre aide à la rassembler. Ce geste accompagne le retour au calme, sans avoir la fonction d’un rituel de dégagement.

Si une paralysie survient, nous pouvons nous rappeler que cet état passe et ramener l’attention vers une image ou une parole familière qui nous rassure. Des horaires réguliers et le sommeil sur le côté peuvent aussi aider. Si les épisodes se répètent ou nous font craindre de dormir, une consultation permet de rechercher ce qui les favorise.

Nous pouvons enfin en parler à quelqu’un. Beaucoup gardent longtemps ces expériences pour eux, de peur qu’on les prenne pour des fous. Il arrive alors que la personne en face réponde : « Tiens, toi aussi ? » Et nous découvrons que nous aurions pu en parler bien plus tôt.

Bonne réflexion et pratique

Fabrice

05/06/2026

LE MAÎTRE DANS LE TAOÏSME : POURQUOI LE « SHI » EST UN DES TROIS TRÉSORS

Dans le taoïsme, on parle des trois trésors de la transmission : Dao 道, Jing 經 et Shi 師.

Cette triade est intéressante parce qu’elle montre trois modalités complémentaires de rapport au réel et de transmission du Dao.

Le Dao est le Principe : ce qui précède toute formulation, ce qui est à l’origine des choses et les traverse sans jamais se laisser enfermer dans un concept.

Le Jing est le texte : la mémoire condensée de l’expérience humaine, l’effort de générations entières pour transmettre quelque chose qui dépasse toujours un peu les mots qui le portent.

Et puis il y a le Shi : le maître. Celui qui transmet.

C’est souvent ce troisième trésor qui est devenu le plus difficile à comprendre dans le monde occidental contemporain.

Le Dao nous parle parce qu’il ressemble à une philosophie ouverte, libre, presque sans intermédiaire. Le Jing nous rassure parce qu’il ressemble à un livre : il peut être étudié seul, relu, annoté, interprété. Mais le Shi introduit autre chose : une relation. Et avec elle, une dissymétrie temporaire dans le processus d’apprentissage.

Le mot lui-même mérite qu’on s’y attarde.

Le caractère 師 (Shī) est aujourd’hui traduit par maître, enseignant ou expert.

Pourtant, dans ses formes anciennes, il évoquait moins la possession d’un savoir que la capacité à conduire, structurer et maintenir un ordre vivant.

On y retrouve l’idée d’un centre capable d’organiser ce qui, sans cela, resterait dispersé. Le maître n’est donc pas d’abord celui qui sait davantage ; il est celui qui aide à mettre en ordre ce qui est encore fragmenté.

Le second caractère, 父 (fù), que l’on retrouve dans 師父 (Shīfu), signifie père.

Mais là encore, le sens ancien est plus subtil que notre lecture moderne. Les formes archaïques représentent une main tenant un outil. Le père n’est pas seulement celui qui possède une autorité ; il est celui qui façonne, construit, soutient et transmet une capacité d’agir dans le monde.

Dans ce sens, le Shifu n’a rien d'un propriétaire de disciples. Il est celui qui accepte de prendre une responsabilité particulière dans la maturation d’un autre être humain.

Cela éclaire aussi la place singulière du Shi parmi les trois trésors.

Le Dao est le plus élevé, mais aussi le plus difficile à saisir directement. Le Jing est plus accessible, mais il reste silencieux. Le Shi est celui qui se tient entre les deux. Il est le plus proche de l’élève et le plus humain aussi.

Il n’est pas le Dao. Il n’est pas non plus le texte. Il est celui qui connaît assez le Dao pour éviter qu’il ne devienne un simple concept, et assez l’humain pour comprendre comment celui qui apprend va inévitablement projeter, résister, idéaliser, contourner ou parfois se perdre.

C’est peut-être pour cela que tant de traditions taoïstes ont accordé une telle importance à la transmission incarnée.

Un texte ne vous interrompt pas lorsque vous êtes en train de transformer une mauvaise intuition en certitude. Une méthode ne remarque pas que vous utilisez parfois la pratique pour éviter certaines zones de votre vie. Une vidéo ne voit pas que vous recherchez davantage l’intensité que la transformation.

Le Shi, lui, peut très souvent le voir. Non parce qu’il serait supérieur comme être humain, mais parce qu’il occupe momentanément une autre place dans le processus.

C’est ici que la question de l’ordre et de la hiérarchie mérite peut-être d’être revisitée. Dans notre époque, ces mots sont souvent entendus comme des synonymes de domination, de contrôle ou d’obéissance aveugle. Pourtant, il existe une autre manière de les comprendre.

Dans les sciences du vivant, un organisme vivant se distingue notamment par sa capacité à maintenir de l’organisation face à la tendance naturelle au désordre. Une cellule entretient des frontières, des échanges et des structures. Lorsqu’elle perd cette capacité, elle retourne progressivement vers un état plus homogène et plus chaotique: la mort. La vie peut être vue comme une résistance locale à l’entropie.

Sous cet angle, une lignée de transmission ressemble moins à une pyramide qu’à un mécanisme de négentropie.

Elle conserve de l’information complexe dans le temps, corrige certaines dérives et transmet autre chose que des idées : une manière d’habiter le monde. Sans structure, chacun réinterprète. Sans ordre, chacun devient sa propre référence ultime. Sans transmission incarnée, le savoir se fragmente progressivement au rythme des préférences individuelles.

Bien sûr, cela ne signifie pas que toute hiérarchie soit bonne. Le taoïsme connaît lui aussi les risques de rigidification, d’abus ou de confusion entre autorité et pouvoir. Une lignée peut se figer. Un maître peut échouer. Une structure peut finir par protéger son propre maintien au lieu de servir le vivant qu’elle devait transmettre.

Mais le fait qu’une forme puisse être dévoyée n’invalide pas son principe plus que l’existence de faux médecins n’invalide la médecine.

Peut-être que la difficulté du XXIe siècle n’est pas que nous rejetions le maître.

Peut-être que nous cherchons simultanément deux choses qui entrent parfois en tension : nous voulons être transformés sans être déplacés de notre centre habituel ; nous voulons recevoir une transmission sans accepter qu’un autre voie parfois ce que nous ne voyons pas encore ; nous voulons apprendre tout en restant pleinement souverains sur les chemins que prendra cette transformation.

Et pourtant, lorsqu’elle reste saine, orientée vers davantage d’autonomie intérieure plutôt que vers l’attachement, cette relation demeure peut-être l’un des rares lieux où quelque chose d’ancien et de profondément humain peut encore circuler dans un monde saturé d’informations superficielles et de plus en plus difficiles à vérifier.

Le trésor du Shi n’est peut-être pas qu’il détient quelque chose.

C’est qu’il accepte de devenir ce lieu inconfortable où la transmission cesse d’être une idée pour devenir une rencontre et un creuset de transformation réelle.

Et qu’à travers cette rencontre, le Dao cesse peu à peu d’être un concept pour devenir une manière authentique et entière d’habiter sa vie.

Bonne réflexion et pratique

Fabrice

Photo : Maître Zhang, 11ème génération Wujimen, mai 2026

05/06/2026
04/05/2026

🌙VENDREDI SOIR 8 MAI, CONFÉRENCE À L'IEQG🌙
"LE TAOÏSME, une histoire, une philosophie, un art de vivre" par le Dr Yves REQUENA
! Conférence gratuite et ouverte à tous !
A partir de 20h30 le vendredi 8 mai.
Vous pouvez suivre cette conférence en direct avec le lien Zoom suivant :
https://us02web.zoom.us/j/82374091934?pwd=dUQsV1ZcqibjwbzAEsTZFKHRzVa90k.1
Code secret : 529640
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07/03/2026

🌱In this lecture we examine the “Hidden Spring” phase of the menstrual cycle through the lens of Chinese medicine physiology. In the Chinese calendar, the p...

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