09/06/2026
J'ai appris à être Eve. Mon corps réclame Lilith. 4/6
Pendant longtemps, j’ai cru que le problème venait de moi.
De mon hypersensibilité.
De mon intensité.
De ma façon de ressentir trop fort, trop vite, trop profondément.
J’ai appris à me surveiller.
À relativiser ce que je ressentais.
À minimiser certaines blessures.
À me demander si je n’exagérais pas.
Encore.
Et encore.
Parce que beaucoup de femmes ont été conditionnées à remettre en question leur douleur avant de remettre en question ce qui les blesse.
Alors on devient extrêmement fortes pour :
encaisser,
comprendre,
pardonner,
expliquer à la place des autres,
porter le lien,
et retourner la violence contre nous-mêmes.
Jusqu’à parfois ne plus savoir distinguer :
ce qui relève réellement de notre sensibilité,
et ce qui relève d’un manque profond de respect, d’écoute ou de réciprocité.
Le plus terrible,
c’est que même conscientes de ces mécanismes,
nous continuons souvent à douter de nous.
La machine patriarcale est vieille.
Subtile.
Bien huilée.
Et sortir de cet endroit demande parfois un travail immense :
réapprendre à croire ce que notre corps sait déjà.
Que certaines douleurs ne sont pas “exagérées”.
Qu’elles sont réelles.
On m’a appris à être Ève.
Mon corps réclame Lilith.
🔥 Ces réflexions traversent aussi la création de Rouge Désir.
Un espace où le corps, la voix et le féminin refusent peu à peu de se taire.
🩵 Et si beaucoup de femmes n’étaient pas “trop sensibles”, mais profondément blessées ?