03/09/2026
Loïs et le verdict de l'échographie partie 2
La vie de Loïs battait son cours...
Une journée après l'autre, elle savourait ce don du ciel. Cette vie qui grandissait en elle.
Elle avait retrouvé confiance en elle.
Elle pouvait désormais hausser les épaules et sourire lorsque, autour d'elle, les autres femmes parlaient des petits maux de la grossesse. Ces mêmes conversations qui, autrefois, l'ennuyaient parfois au bureau.
Cette fois, elle se sentait concernée.
Elle aussi pouvait raconter ses nausées, ses fatigues, ses douleurs, ses petites frayeurs...
Et surtout, elle pouvait enfin le faire sans honte.
Avec grâce.
Elle effectuait ses consultations avec sérieux, prenait ses médicaments et suivait les recommandations de son médecin.
Tout semblait se dérouler comme sur des roulettes.
Même les tensions au sein de sa belle-famille semblaient désormais appartenir au passé.
Les reproches.
Les discussions.
Les regards.
Les paroles qui l'avaient parfois blessée.
Loïs avait décidé de ne plus leur accorder autant d'importance.
Dieu l'avait sortie d'une situation dont elle ne voulait plus entendre parler.
Mais un autre événement allait bientôt remettre en question son attachement à ce même Dieu...
Ce Dieu qu'elle avait remercié.
Ce Dieu qu'elle avait supplié.
Ce Dieu devant lequel, quelques mois plus tôt, elle s'était retrouvée à genoux, implorant simplement de pouvoir connaître le bonheur d'être mère.
Son rendez-vous du deuxième trimestre arriva.
Une échographie morphologique était prévue.
Cette échographie particulière qui permet d'observer le développement du bébé et de rechercher certaines anomalies éventuelles.
Pour Loïs, c'était aussi l'occasion d'avoir enfin le cœur net sur le sexe de son enfant.
Elle avait déjà commencé à acheter quelques vêtements, volontairement neutres.
Mais elle voulait savoir.
Nathan et elle s'étaient d'ailleurs amusés pendant plusieurs semaines à deviner le sexe du bébé.
— Ce sera une fille, disait Loïs.
— Non. Un garçon, répondait Nathan avec assurance.
— Et si c'est une fille, tu ne seras pas content ?
— Mais si, bien sûr que je serai content. Mais je préfère un garçon...
— Ah bon ?
— Il faut bien quelqu'un avec qui regarder mes matchs. Un autre supporter du Real Madrid dans cette maison ne ferait pas de mal.
Loïs levait les yeux au ciel.
— Les hommes et le football...
Ce petit débat était devenu leur rituel.
Ils en plaisantaient régulièrement.
Et parfois, leurs désaccords se terminaient d'une manière qui leur faisait oublier complètement la raison pour laquelle ils avaient commencé à discuter...
Une belle preuve que, malgré tout ce qu'ils avaient traversé, leur couple allait bien.
Le jour du rendez-vous arriva.
Et, ce jour-là, Nathan décida d'accompagner Loïs.
Ce geste fit énormément plaisir à la jeune femme.
Nathan était souvent très occupé.
Mais pour une femme enceinte, avoir son homme à ses côtés lors d'une consultation pouvait parfois représenter beaucoup plus qu'une simple présence.
C'était une manière de partager.
De participer.
D'être là.
Alors Loïs en profitait.
Elle faisait quelques caprices.
Demandait un peu plus d'attention.
Essayait, à sa manière, d'impliquer davantage Nathan dans cette grossesse.
Et Nathan se laissait faire.
Après tout...
Rien ne devait la stresser.
Rien ne devait la frustrer.
Très vite, ils arrivèrent à l'hôpital.
Après la consultation et les premières évaluations, vint le moment de l'échographie.
Loïs s'allongea.
Le technicien commença l'examen.
Au début, elle observait simplement l'écran.
Puis elle remarqua quelque chose.
Le visage du technicien.
Son expression avait changé.
Il était concentré.
Trop concentré.
Loïs sentit alors une inquiétude étrange monter en elle.
Comme un mauvais pressentiment.
— Il y a un problème ? demanda-t-elle.
Le technicien hésita.
— J'aurais du mal à vous répondre pour le moment. Je préfère appeler le radiologue. Attendez une minute, s'il vous plaît.
Il sortit de la salle.
Loïs tourna lentement la tête vers Nathan.
Nathan la regarda.
Personne ne disait rien.
Mais tous les deux avaient compris que quelque chose n'allait pas.
Quelques minutes plus t**d, le radiologue entra.
Il salua le couple.
Puis reprit l'examen.
La sonde glissait sur le ventre de Loïs.
Ses yeux parcouraient l'écran.
Son visage devint, lui aussi, sérieux.
Trop sérieux.
Puis il déposa doucement la sonde.
Un silence lourd s'installa dans la pièce.
Il prit une profonde inspiration.
— Je suis désolé... mais il y a un problème avec votre bébé.
Le sang de Loïs ne fit qu'un tour.
— Quel problème, Docteur ?
Le radiologue hésita quelques secondes.
— Votre enfant présente une malformation.
— Une malformation ?
— Oui...
— Quelle malformation ?
Le médecin baissa légèrement les yeux avant de reprendre.
— Il s'agit d'une anencéphalie.
Nathan fronça les sourcils.
— Une anencéphalie ? Docteur, c'est quoi ?
Le médecin prit le temps de répondre.
— C'est une malformation grave qui survient très tôt au cours du développement du bébé. Une grande partie du cerveau et de la boîte crânienne ne s'est pas développée normalement.
Loïs fixa le médecin.
Son visage se décomposa.
— Docteur... Vous voulez dire que mon bébé n'a pas de cerveau ?
— Je suis vraiment désolé... Une grande partie des structures du cerveau ne s'est pas développée normalement.
— Mais... Comment peut-il être vivant alors ?
— Son cœur bat encore parce qu'il reçoit l'oxygène et les nutriments nécessaires à travers le placenta et le cordon ombilical. Mais malheureusement, cette malformation est extrêmement grave.
Les yeux de Loïs commencèrent à se remplir de larmes.
Elle essayait de comprendre.
Elle cherchait une explication.
Une erreur.
Un espoir.
Quelque chose.
N'importe quoi.
Mais elle n'arrivait plus à réfléchir.
Le radiologue lui recommanda alors de discuter rapidement avec son gynécologue.
Et tout au long du trajet, Loïs s'accrocha à une idée.
Peut-être que son gynécologue allait lui dire que le radiologue s'était trompé.
Peut-être qu'il existait une autre explication.
Peut-être...
Elle voulait croire qu'il y avait encore un peut-être.
Mais lorsque le gynécologue confirma le diagnostic, son dernier espoir s'effondra.
— Loïs... Je suis désolé. Cette malformation n'est malheureusement pas compatible avec une vie normale après la naissance. Nous devons discuter ensemble de la conduite à tenir, y compris de la possibilité d'interrompre cette grossesse selon ce qui est médicalement et légalement possible dans votre situation.
Loïs resta immobile.
Quelques secondes.
Puis elle s'effondra.
Les larmes coulèrent.
Elle criait.
Elle regardait le ciel.
Elle demandait au Seigneur pourquoi.
Pourquoi elle ?
Pourquoi maintenant ?
Pourquoi lui avoir donné cet espoir ?
Pourquoi lui avoir donné cette vie...
Pour ensuite la lui arracher de cette manière ?
Nathan essayait tant bien que mal de la calmer.
Mais lui-même semblait complètement dépassé.
Il était là.
À côté d'elle.
Impuissant.
Face à une douleur qu'aucun de ses mots ne semblait pouvoir soulager.
L'atmosphère était devenue lourde.
Triste.
Presque irréelle.
Après quelques instants, Nathan finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres.
— Docteur... Pourquoi cela arrive-t-il ?
Le gynécologue prit quelques secondes avant de répondre.
— L'anencéphalie survient très tôt pendant le développement de l'embryon. Il existe plusieurs facteurs qui peuvent intervenir et, dans beaucoup de situations, on ne retrouve pas une cause précise.
Il marqua une pause.
— Nous savons cependant que la prise d'acide folique avant la conception et au début de la grossesse permet de réduire le risque de certaines anomalies de fermeture du tube neural.
Puis il regarda Loïs.
— Mais je veux que vous compreniez une chose : nous ne pouvons pas affirmer que c'est votre faute. Ce n'est pas parce que vous avez découvert votre grossesse t**divement que nous pouvons dire avec certitude que cela aurait été évité autrement.
À ces mots...
Loïs éclata de nouveau en sanglots.
Parce que, même si le médecin venait de lui dire qu'on ne pouvait pas lui attribuer cette responsabilité...
Elle, dans son cœur...
Avait déjà commencé à chercher un coupable.
Et le premier visage qu'elle trouva...
C'était le sien.
Elle repensa au jour où elle avait hésité à faire son test.
À ces jours où elle n'avait pas encore su.
À tout ce qu'elle aurait voulu refaire.
Changer.
Recommencer.
Mais désormais...
Il était trop t**d.
Et Loïs allait devoir faire face à une décision qu'elle n'avait jamais imaginé devoir prendre.
À suivre...
Dr Steve