13/05/2026
“Et pour votre famille, qu’est-ce que ça change ?”
Ces derniers jours, on m’a posé cette question à trois reprises dans trois contextes complètement différents :
– une réunion avec des donneurs de sang et de plasma
– une journaliste qui prépare un article sur les myosites
– des professionnels de l'industrie pharmaceutique rencontrés lors d’un congrès
Et ça m’a surpris. Parce que j’ai souvent parlé de la maladie, de traitements, du diagnostic, du quotidien. J’ai répondu à beaucoup de questions au fil du temps, et certaines reviennent régulièrement.
Mais celle-là, presque jamais.
Avec un peu de recul, je crois que c’est aussi parce qu’il m’a fallu du temps pour mesurer l’impact réel qu’une maladie chronique peut avoir sur une famille, et pas seulement sur la personne malade.
Il y aurait beaucoup à dire, mais il y a surtout deux choses qui me viennent en tête.
La première, c’est l’inquiétude qu’a développée ma fille de 6 ans. Où que j’aille, quoi que je fasse, elle s’inquiète pour moi. Un déplacement, un rendez-vous médical, même quelque chose d’anodin peut devenir une source d’angoisse.
Et parfois, ça me frappe assez durement parce qu’en tant que parent, on imagine plutôt l’inverse. C’est à nous de rassurer nos enfants, pas à eux de porter ce genre de peur.
L’autre chose, c’est ce que vit ma femme : cette envie de prendre une partie du poids de la maladie, de faire davantage, de réparer quelque chose qui ne peut pas l’être. Avec aussi, parfois, de la fatigue, de la frustration, voire de la culpabilité de ressentir tout ça.
Et honnêtement, je pense que ces émotions sont légitimes. On parle beaucoup des patients, mais pas assez de ceux qui avancent à côté d’eux.
Prenons soin des personnes qui nous soutiennent, elles traversent souvent bien plus qu’on ne le voit.
Est-ce que cette question du “retentissement sur les proches” est quelque chose dont on parle suffisamment selon vous ?