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🌿 Et si la gourmandise parlait d'autre chose ? Que reste-t-il d'un aliment lorsque sa saveur a disparu ? Que devient le ...
31/08/2026

🌿 Et si la gourmandise parlait d'autre chose ?
Que reste-t-il d'un aliment lorsque sa saveur a disparu ?
Que devient le plaisir lorsque la dégustation touche à sa fin ?
Pourquoi certaines expériences gustatives résonnent-elles en nous bien après que le plaisir s'est estompé ?
Nous regardons souvent la gourmandise du côté des délices du palais.
Mais qu'en est-il du délice des mots ?
De ces sensations que l'on cherche à décrire,
de ces goûts et de ces dégoûts que l'on partage,
de ces souvenirs qui continuent à vivre dans les récits que nous en faisons ?
La gourmandise semble alors éclairer une autre expérience :
celle de ce qui passe.
Car ce qui nous touche le plus n'est pas toujours ce que nous conservons.
C'est parfois ce qui s'éloigne tout en laissant une trace :
un goût dont on se souvient, une émotion qui revient, quelques mots échangés ou une manière nouvelle de regarder ce qui a été vécu.

Et si le plaisir gourmand ne résidait pas seulement dans ce que l'on goûte,
mais dans ce qu'il en reste ?
Le souvenir d'une saveur. L'envie de la retrouver.
L'histoire que l'on aime raconter ensuite.
À cette étrange capacité qu'ont les plaisirs de n'être que de passage...
et pourtant de laisser un écho durable en nous.
Peut-être que la gourmandise ne parle pas seulement du plaisir,
mais aussi de notre façon d'accueillir ce qui passe et d'en garder la trace.
Et si, finalement, elle nous apprenait moins à posséder qu'à apprécier ce qui ne peut être retenu ? 🌿🍬

🌿 Une autre manière de regarder la relation à l'alimentationSi le nourrissage participe aux premières expériences de rég...
30/07/2026

🌿 Une autre manière de regarder la relation à l'alimentation
Si le nourrissage participe aux premières expériences de régulation, peut-être participe-t-il aussi aux premières expériences à partir desquelles chacun construira progressivement sa manière de prendre soin de ce qu'il ressent.
Car la nourriture occupe une place particulière dans l'expérience humaine.
Elle n'agit pas seulement sur le corps. Elle peut aussi, parfois subtilement, transformer notre expérience intérieure. Réconforter, distraire, ralentir, occuper, apaiser, rassembler.

Dans cette perspective, certains comportements alimentaires peuvent être envisagés non seulement comme des réponses aux sensations alimentaires, mais aussi comme des tentatives de régulation face à une émotion, une tension ou un besoin difficile à accueillir autrement. Cela invite plutôt à s'intéresser à la fonction que peut prendre l'alimentation dans certains moments de vie. Elle peut parfois représenter une manière de faire face à ce qui est vécu.

La question devient alors : « Que cherche à soutenir ce comportement ? »
Peut-être qu'à certains moments de la vie, manger permet de retrouver quelque chose de familier lorsque ce qui se passe à l'intérieur de soi devient difficile à habiter. Regarder les comportements alimentaires sous cet angle invite moins au jugement qu'à la curiosité. Ils témoignent parfois de la manière dont chacun tente, avec les ressources dont il dispose, de prendre soin de lui-même.

Peut-être que la relation à l'alimentation et la régulation émotionnelle se rencontrent parfois autour d'une même question, discrète et profondément humaine : « Que puis-je faire de ce que je ressens ? »

Lorsque créer permet de transformer. Le poème proposé illustre un principe fondamental : l'œuvre n'est pas seulement le ...
10/07/2026

Lorsque créer permet de transformer.
Le poème proposé illustre un principe fondamental : l'œuvre n'est pas seulement le résultat d'un processus, elle en est aussi le moteur.
La création désigne ce qui prend forme. Elle est visible, tangible. C'est l'œuvre, la trace laissée sur le papier, l'objet qui témoigne d'une expérience et lui donne une existence.
La créativité, elle, réside moins dans l'objet créé que dans le mouvement qui permet son émergence. Elle correspond à cette capacité à inventer une réponse lorsque les formes habituelles ne suffisent plus, à explorer de nouvelles voies lorsque les précédentes deviennent impraticables.
L'effacement ne signe pas la fin du processus créatif. Ce qui paraissait perdu devient peu à peu la matière d'une nouvelle forme.

C'est là que réside la portée thérapeutique de l'acte créatif.
Ce qui transforme n'est pas la qualité esthétique du résultat, mais la capacité à passer :
- de la perte à la transformation ;
- de l'impuissance à l'action ;
- de l'épreuve à l'exploration ;
- de la répétition à l'invention.

La créativité n'efface ni les incertitudes, ni les limites, ni les imprévus auxquels chacun est confronté. Elle offre un espace où ils peuvent être accueillis, travaillés et réorganisés. L'expérience n'est alors plus seulement subie ; elle devient matière à élaborer.
En ce sens, créer ne consiste pas seulement à produire quelque chose de nouveau. C'est aussi construire un nouveau rapport à ce qui nous arrive.
La création est l'œuvre visible. La créativité est le processus invisible qui rend cette œuvre possible.
Peut-être est-ce là l'une de ses fonctions les plus précieuses : permettre à un sujet de découvrir qu'il peut encore composer avec le réel. À partir de ce qu'il offre, de ce qu'il retire et même de ce qu'il altère, il devient possible de transformer l'expérience subie en une expérience élaborée et de faire émerger du nouveau là où quelque chose semblait s'être arrêté.

Goûter, déguster, picorer, savourer, mâchonner… Autant de gestes pour un même mouvement. Et pourtant, jamais tout à fait...
24/06/2026

Goûter, déguster, picorer, savourer, mâchonner…
Autant de gestes pour un même mouvement.
Et pourtant, jamais tout à fait la même expérience.

Ce n’est pas seulement le goût de l’aliment qui revient.
C’est une matière qui accroche ou qui glisse,
une odeur qui arrive sans prévenir,
quelque chose qui reste un peu — ou qui disparaît trop vite.

Par moments, une attirance. À d’autres, un refus, difficile à expliquer.
Avant les mots, une impression qui se présente, sans se laisser saisir.
Déguster l’aliment, c’est choisir de rester au contact de l’éprouvé :
s’en approcher, ou s’en détourner,
garder un peu, ou écarter.
Tracer une limite, même incertaine.

[...]

Goûter, c’est aussi être touché
à un endroit qu’on ne choisit pas toujours --
être arrêté, parfois, ou surpris.
Rien ne vient toucher au même endroit pour chacun.

Petit à petit, ce n’est plus seulement le goût qui se précise.
C’est la manière d’être avec ce qui arrive :
avec ce qui attire, dérange,
ou reste dans l’indécis.
Alors la question du goût évolue. Ce n’est plus vraiment :
« Est-ce que c’est bon ? »
C’est aussi : « Qu’est-ce que ça me fait, là ? »

22/06/2026
Le repas commence dans l’attente. Dans la façon de s’approcher de la table. Dans les gestes qui ralentissent, ou pas. Da...
22/04/2026

Le repas commence dans l’attente.
Dans la façon de s’approcher de la table.
Dans les gestes qui ralentissent, ou pas.
Dans les présences qui arrivent, chargées ou disponibles.
Dans les mots qui circulent…
ou dans les silences qui s’installent.

Selon les jours,
le repas n’occupe pas la même place.
Parfois intégré au fil de la journée, entre différentes activités,
parfois envisagé avec d’autres attentes.

Et dans ce cadre‑là, quelque chose se met en place.
Autour de la table, se partagent aussi :
– un rythme,
– une manière d’attendre,
– une façon de faire place,
– une certaine façon d’être ensemble à ce moment‑là.

Les études montrent que partager des repas régulièrement va souvent de pair avec :
– le fait de se sentir bien ensemble,
– de se sentir faire partie d’un même collectif,
– chez les enfants comme chez les adultes.
Mais elles disent peu comment ces repas se vivent au quotidien,
ni ce qu’ils représentent vraiment pour chaque groupe.
👉 Et c’est peut‑être là que les choses se jouent.

Selon les situations — et selon les jours —
le repas peut être un temps agréable,
un temps pratique,
ou simplement un moment parmi d’autres dans la journée.
Il est façonné par ce qui a précédé,
et par ce que chacun amène avec lui à table, à ce moment‑là.

👉 Et chez vous, comment se vit ce moment‑là, ces jours‑ci ?

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