02/10/2026
À QUEL MOMENT EST-CE DEVENU ACCEPTABLE ?
Je suis en colère. Je suis même très en colère quand je vois ce qui se passe actuellement avec le mouvement des lycéens.
À quel moment est-ce devenu acceptable de déployer une telle violence face à des enfants ?
Parce qu’il va aussi falloir parler de la manière dont la France traite ses enfants.
La France est quand même championne pour appliquer une politique que je trouve profondément incestueuse et violente.
La France échouent à protéger les enfants victimes de violences se*****es, et que des agresseurs, des pédophiles et des violeurs peuvent bénéficier de mécanismes de silence, d’impunité ou de protection qui, eux, devraient nous révolter.
J’ai réellement le sentiment que ce pays déteste les enfants : soit on en fait des assistés, soit on en fait des criminels. Et c’est là que, pour moi, il y a une continuité insupportable.
Un État qui échoue à protéger suffisamment les enfants lorsqu’ils sont victimes peut ensuite accepter qu’on les traite comme une menace lorsqu’ils se révoltent.
Quand un enfant dit avoir subi des violences, quelle est l’une des premières questions qu’on va lui opposer ?
« Est-ce qu’il ne ment pas ? »
« Est-ce qu’il dit vraiment la vérité ? »
On le soupçonne.
Et quand des adolescents descendent dans la rue pour crier leur colère, on les regarde comme des délinquants potentiels et certains finissent blessés lors d’interventions policières.
Alors oui, ça me fout grave en colère. On devrait protéger les enfants.Pas protéger ceux qui leur font du mal.Pas les faire taire.Pas les violenter lorsqu’ils deviennent assez grands pour prendre la parole et contester.À des adultes, on ne pose pas systématiquement ces questions de cette manière.
Ah si… « j’oubliais » : quand il s’agit d’une femme, d’une personne racisée ou appartenant à une minorité, ça arrive aussi SOUVENT.
Et aujourd’hui, la violence exercée par certains membres des forces de l’ordre contre des jeunes est inadmissible et, dans certains cas documentés, pose directement la question de sa nécessité et de sa proportionnalité.
Et à ces gens-là, à ces forces de l’ordre, on voudrait donner toujours davantage de possibilités d’utiliser leurs a***s ?
Imaginez. Imaginez qu’on tire sur votre enfant alors qu’il exerce son droit de manifester.
Un enfant.Réfléchissez deux minutes. C’est grave. Très grave, ce qui est en train de se passer. Parce que ce sont des mineurs. Je le répète :DES ENFANTS.
Pourquoi une telle violence ?Parce que des poubelles ont brûlé ?Parce que des lycées sont bloqués ?Parce que des jeunes descendent dans la rue pour exprimer leur colère ?
Oui, il y a eu des dégradations et des violences dans certaines manifestations. Mais cela ne donne pas un permis de frapper une jeunesse qui manifeste.
Aujourd’hui, on parle de milliers d’interpellations. On parle de jeunes blessés. À Saint-Ouen-l’Aumône, un garçon de 14 ans a reçu un tir de lance-grenades dans la mâchoire lors d'une intervention policière.
Il a 14 ans !!! À quel moment est-ce qu’on regarde ça et qu’on trouve cette réponse normale ?À quel moment est-ce devenu acceptable ?
La force employée par la police n’est pas censée être une punition. Son usage est encadré par des principes de nécessité et de proportionnalité.Et surtout : il existe d’autres façons de gérer une manifestation.
Dialoguer. Désamorcer. Négocier. Différencier les personnes violentes de celles qui manifestent pacifiquement. Protéger les mineurs présents. Écouter leurs représentants.Et regardons aussi ce qui se fait dans les pays qui n’utilisent pas les LBD comme la France.
Il existe d’autres façons de faire.Alors non, le choix de répondre par la force n’est pas une fatalité.C’EST UN CHOIX POLITIQUE.
Le choix de privilégier une réponse sécuritaire. Et c’est aussi une responsabilité politique de décider de la doctrine de maintien de l’ordre et de l’encadrement de l’usage de la force.
Alors je vous pose la question :
Comment appelle-t-on un régime politique qui répond de plus en plus à la contestation par la force ?
C’est un régime qui devient de plus en plus autoritaire.J’y vois un glissement vers dans un régime autoritaire. Et quand les glissements se font « doucement », ils se banalisent.
Petit à petit.Une mesure après l’autre.Une violence après l’autre.
Et souvenez-vous aussi d’une chose lorsque vous pensez qu’une démocratie serait naturellement protégée contre l’autoritarisme.
Hi**er est arrivé au pouvoir à la suite d’un processus électoral et institutionnel!!!
Cela ne signifie pas que la France de 2026 est l’Allemagne de 1933.Mais cela signifie qu’une démocratie n’est jamais, par nature, immunisée contre l’autoritarisme.
Et pendant ce temps-là, écoutons ce que racontent réellement ces jeunes.
Ils dénoncent une Éducation nationale qui manque de moyens, des professeurs absents ou non remplacés, des classes chargées, des établissements dégradés et le sentiment que leur avenir est géré sans eux.
Et il n’y a d’ailleurs pas que les jeunes qui dénoncent le manque de moyens de l’Éducation nationale.
Alors qu’est-ce qu’ils font ?Ils manifestent.Ils prennent la rue.Ils font du bruit.Ils expriment leur mécontentement.Et oui : c’est normal.C’est aussi cela, une démocratie.
Et je pose sincèrement cette question aux adultes qui me lisent : Qu’est-ce que ce régime politique est en train d’envoyer comme message à cette jeunesse ?
« Si vous criez trop fort, on va vous faire fermer vos gueules » ?
Parce que si l’objectif est de briser leur colère, alors je pense que c’est se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. On ne fait pas disparaître une colère sociale à coups de matraque ou de LBD.
On l’embrase.
Et vraiment, oui, j’espère que ça va s’embraser.
J’espère que cette colère va devenir une mobilisation immense.J’espère que nous allons nous soulever, nous mobiliser, manifester, parler, soutenir ces jeunes et refuser collectivement ce qui est en train de devenir acceptable.
Parce qu’il y a bien une chose qui devrait pouvoir tous nous réunir :
CE SONT LES ENFANTS.
Nous avons toutes et tous des jeunes autour de nous.
Alors demandez-vous :
Est-ce que vous accepteriez de voir votre enfant, votre petit frère, votre petite sœur, votre neveu ou votre nièce se retrouver face à cette violence simplement parce qu’il ou elle est descendu·e dans la rue défendre son avenir ?
Et puisqu’on parle de leur avenir…
Parcoursup. Juste comme ça. Parcoursup ne décide pas seul de l’affectation d’un jeune : les dossiers sont examinés et classés par des commissions dans les formations, puis la plateforme formule les propositions d’admission à partir de ces classements et des règles applicables.
Mais mettez-vous encore une fois à leur place : à 17 ans, une partie déterminante de votre avenir scolaire se joue à travers cette énorme machine de sélection, avec des classements et des critères que vous ne maîtrisez pas nécessairement.
Et on s’étonne qu’ils soient en colère ?
Notre régime politique devient autoritaire et glisse dangereusement vers la dictature.
Vous n’êtes pas obligés d’être d’accord avec moi. Faites-vous votre propre avis.
Observez.Regardez.Informez-vous.Regardez la manière dont notre pays répond à la contestation sociale.Regardez surtout ce qui arrive aujourd’hui à certains de nos jeunes.
Moi, je refuse de banaliser ce qui se passe. Parce qu’au lieu d’entendre les revendications de cette jeunesse et de répondre à la crise de l’Éducation nationale, la réponse devient de plus en plus sécuritaire.
Et je reviens toujours à la même chose : CE SONT DES ENFANTS.
Écoutons-les.Protégeons leur droit de manifester pacifiquement.Et surtout, refusons de considérer la violence exercée contre eux comme quelque chose de normal.
Parce qu’à quel moment est-ce devenu acceptable ?