29/04/2026
✨ Aujourd’hui, en consultation, j’ai été rappelée à quelque chose d’essentiel.
Parfois, proposer une action à une personne, même une toute petite action, ce n’est pas forcément l’aider.
On imagine souvent qu’en diététique, il faut repartir avec un objectif : remettre un petit-déjeuner, ajouter un aliment, structurer un repas, refaire des courses…
Et parfois, oui, c’est juste.
Mais aujourd’hui, j’ai senti que ce n’était pas le bon endroit.
La personne en face de moi était déjà remplie de tristesse, de colère contre elle-même, de culpabilité. Elle n’avait pas réussi à mettre en place les petites actions qu’on avait définies ensemble.
Et ce n’était pas une question de volonté.
C’était trop.
Trop à porter.
Trop à faire.
Trop à réussir.
Et si je continuais à proposer des actions, même simples, je venais sans le vouloir renforcer ce sentiment :
“Je suis incapable.”
“Je n’y arrive pas.”
“Je suis nulle.”
Alors aujourd’hui, on n’a pas travaillé sur “quoi manger”.
On a travaillé sur ce qui se passe autour de l’alimentation : la honte, la culpabilité, les pensées dures, cette impression de devoir faire comme avant alors que le corps et l’énergie ne suivent plus. Ramener de l’auto compassion 🩷
Et parfois, c’est ça le soin.
Ne pas rajouter une consigne.
Ne pas mettre une pression de plus.
Ne pas demander à la personne de “faire mieux” quand elle est déjà en train de s’effondrer intérieurement.
Le non-action peut être un soin.
Pas un abandon.
Pas un échec.
Un ajustement.
Parce qu’un conseil peut être très juste sur le papier, et complètement inadapté à la personne en face, à ce moment précis de sa vie.
C’est aussi ça, la diététique comportementale :
se mettre au niveau du patient,
respecter ce qui est possible aujourd’hui,
et parfois commencer par remettre de la douceur là où il n’y a plus que de la culpabilité.
Prenez soin de vous,
Marine 🩷