19/10/2026
21 ans.
Nous perdons tous des êtres chers, à un moment de notre vie, de façon tragique, attendue ou précipitée. Mais au bout du compte, le résultat est le même : l’absence, la douleur du vide et cette place que rien ni personne ne pourra jamais vraiment occuper.
Aujourd’hui, cela fait 21 ans que mon père a cessé de respirer sur cette Terre, qu’il a cessé de regarder le monde avec son regard bleu.
Cette réalité, même si elle est acquise depuis longtemps, reste profondément douloureuse. Dix-huit années à ses côtés. Juste le temps de grandir suffisamment pour me lancer dans le monde.
Certaines années sont plus faciles que d’autres. Et cette année, cette date est douloureuse. Je sais pourquoi : parce que j’ai des projets, professionnels et personnels, parce que j’avance, parce que je construis. Et dans ces moments-là, il me manque.
Il me manque dans ma vie de femme et de mère. Il me manque auprès de mes enfants.
Hier, j’ai prononcé cette phrase : « Comment cela peut-il faire si mal après si longtemps ? »
La réponse est simple : l’amour, simplement.
J’ai beau savoir qu’il est ailleurs, occupé à de grandes choses. J’ai beau avoir accès à lui dans certaines circonstances, sa présence terrestre me manque. Ses câlins me manquent. Sa voix me manque. Tout ce qui faisait de lui mon père, ici, dans cette vie, me manque.
Mon conjoint me pose souvent cette question : « Qui pleure ? C’est toi, l’adulte, ou la petite fille ? »
Et je crois que c’est l’adulte qui pleure désormais.
Chaque date se succède, et chaque larme coule en portant quelque chose de différent. Le deuil évolue sans cesse. N’en déplaise à ceux qui voudraient lui apposer une étiquette de deuil long ou pathologique, comme si la tristesse et l’amour avaient une date de péremption.
Je m’y refuse.
Ressentir et pleurer sont une chance, une preuve de nos cœurs ouverts, de notre capacité à aimer et de notre humanité.
Je traverse simplement cette émotion… ou peut-être est-ce elle qui me traverse. Comme en constellation, je ne m’y accroche pas. Je la laisse circuler en moi, simplement, emportant avec elle les douleurs physiques et le ressassement.
Les larmes sont une liberté qu’il faut savoir s’octroyer.
C’est ce que j’enseigne à mes filles : elles ont le droit de pleurer quand c’est trop, quand c’est trop dur, quand c’est trop lourd. Elles ont le droit de ressentir, de laisser sortir, de ne pas toujours être fortes.
Il y aura encore de nombreuses dates. Certaines seront plus douces que d’autres, certaines plus douloureuses. En attendant, je chéris les souvenirs : ceux qui me font sourire et ceux qui me font pleurer. Peu importe. Toutes ces images sont un trésor précieux qui me remplit le cœur.
Demain, j’allumerai une bougie pour toi. Pour ce père extraordinaire que tu as été, et pour ce guide merveilleux que tu es encore.
Et comme le chantait Gainsbourg, que tu aimais tant :
« Et chaque fois les feuilles mortes te rappellent à mon souvenir… »
À toi, Papa. Pour toujours.
F***y