09/05/2026
On ne “perd” pas seulement un animal. On perd un lien, une présence, un monde tout entier...
Pourquoi le deuil animal est si souvent minimisé ?
1. Parce que tout le monde ne donne pas la même place aux animaux.
Pour certains, un animal est un membre de la famille, un enfant, un compagnon d'âme, une moitié, un repère. Pour d'autres, il reste "une bête", un animal de compagnie, quelque chose de secondaire, remplaçable même si sa disparition peut heurter (ou pas). Alors quand une personne qui a perdu son animal s'effondre, face à elle peut se trouver quelqu'un qui ne comprend simplement pas, car il n'a pas connu cet attachement. C'est comme vivre dans le même monde mais tout en étant de deux mondes différents.
2. Parce que notre société est mal à l'aise avec les émotions fortes.
La tristesse inconsolable, les pleurs, les hurlements de douleur, la colère, la sidération, le manque, l'impuissance : ça dérange. Pourtant on porte tous ça en nous, mais peu sont prêts à se tenir droit devant ces émotions. On veut que les gens aillent vite mieux, qu'ils passent à autre chose, qu'ils ne débordent pas trop. Et le deuil animal est encore plus écourté parce qu'il n'est pas considéré comme un "vrai" deuil par tout le monde.
3. Parce que nous savons mal accompagner le mort et le deuil.
Nous avons un problème avec la mort. Elle est cachée, taboue, incomprise, médicalisée, repoussée, évitée. Elle fait peur. Alors on ne sait pas quoi dire, on ne sait pas quoi faire, on ne sait pas comment réagir. Et beaucoup cherchent alors à réagir mais face à ce malaise finissent par réduire la douleur de l'autre avec des phrases toutes faites.
4. Parce qu'on classe encore les douleurs, comme si la hiérarchisation pouvait nous donner plus de contrôle sur ce qu'on ne pourra jamais contrôler.
Il existe malheureusement une hiérarchie implicite des deuils. Certains sont reconnus socialement, d'autres beaucoup moins. Cela dépend aussi des cultures, des acquis sociaux et religieux. Le deuil animal est souvent relégué dans une catégorie "inférieure” alors que l'intensité du lien ne se mesure pas à l'espèce.
Je crois que le deuil animal est souvent minimisé parce qu’il vient toucher des tabous que nous n’avons pas encore vraiment appris à regarder : notre rapport à la mort, notre gêne face aux émotions, notre difficulté à reconnaître pleinement la valeur d’un lien lorsqu’il sort du cadre humain.
Pourtant, cette planète ne nous appartient pas. Nous la partageons avec bien des êtres, et l’amour ne se limite pas à notre propre espèce.
Oui, on peut aimer un individu d’une autre espèce aussi fort, et parfois même plus fort, qu’un humain.