11/09/2026
💊 Désogestrel et méningiome : pourquoi cette information ressort-elle maintenant ?
Vous avez peut-être vu passer récemment une information concernant les pilules contraceptives contenant du désogestrel, notamment dans les contenus de vulgarisation de HugoDécrypte.
Et si vous vous demandez :
« Est-ce qu’on vient de découvrir que cette pilule présente un risque ? »
👉 Pas exactement.
Les données françaises sur le sujet ont notamment été publiées par EPI-PHARE en décembre 2024.
Ce qui explique que l’information remonte aujourd’hui, c’est surtout une évolution récente de l’information officielle du médicament : après une réévaluation européenne, le risque de méningiome a été intégré à la notice et au RCP des médicaments contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel. Les professionnels de santé ont ensuite été informés de cette mise à jour. (EPI-PHARE)
🔎 Alors, que disent réellement les données ?
Le méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière.
Il est le plus souvent bénin et évolue lentement, mais selon sa taille et sa localisation, il peut provoquer des symptômes par compression :
🧠 maux de tête inhabituels ou qui s’aggravent
👁️ troubles de la vision
👂 troubles de l’audition ou acouphènes
🧠 troubles de la mémoire
👃 troubles de l’odorat
💪 faiblesse d’un bras ou d’une jambe
⚡ convulsions.
📊 Et avec le désogestrel 75 µg ?
L’étude française a retrouvé un sur-risque très faible de méningiome intracrânien nécessitant une intervention chirurgicale chez les utilisatrices de désogestrel 75 µg.
Pour donner un ordre de grandeur :
➡️ environ 1 méningiome opéré pour 67 000 femmes exposées, toutes durées d’utilisation confondues.
Lorsque l’utilisation dépasse 5 ans, on estime environ :
➡️ 1 cas pour 17 000 femmes exposées.
Le risque augmente avec la durée : il est environ multiplié par 2 au-delà de 7 ans d’utilisation continue. Il est également davantage retrouvé chez les femmes de plus de 45 ans. (EPI-PHARE)
Et un élément plutôt rassurant : le sur-risque n’est plus observé un an après l’arrêt du désogestrel. (EPI-PHARE)
⚠️ Une situation mérite une attention particulière
Le risque peut être plus important lorsque le désogestrel est utilisé après une exposition à certains progestatifs déjà connus pour être associés au méningiome, notamment :
• acétate de cyprotérone (Androcur®)
• nomégestrol (Lutényl®)
• chlormadinone (Lutéran®)
• et certains autres progestatifs concernés.
Dans l’étude EPI-PHARE, une exposition antérieure à ces progestatifs modifiait nettement le niveau de risque observé avec le désogestrel.
💊 Et les pilules qui contiennent 150 µg de désogestrel ?
Il existe également des pilules combinées contenant 150 µg de désogestrel associé à de l’éthinylestradiol.
Elles font elles aussi partie des médicaments dont les informations sont actuellement mises à jour concernant le méningiome. (Ameli)
Mais attention à ne pas mélanger les données :
👉 l’étude EPI-PHARE ayant permis de chiffrer le risque à 1/67 000 concernait spécifiquement le désogestrel 75 µg seul.
Les résultats étaient en revanche rassurants pour le lévonorgestrel, qu’il soit utilisé seul ou associé à l’éthinylestradiol. (EPI-PHARE)
🩺 Alors faut-il arrêter sa pilule ?
Non, surtout pas de façon précipitée.
Cette nouvelle information ne signifie pas que toutes les femmes prenant du désogestrel doivent arrêter leur contraception.
Elle signifie qu’il faut désormais avoir une information complète sur ce risque et, particulièrement en cas d’utilisation prolongée ou après 45 ans, réévaluer régulièrement avec son médecin ou sa sage-femme la pertinence de cette contraception.
Et si un méningiome est diagnostiqué, le désogestrel ou l’étonogestrel doit être arrêté. (European Medicines Agency (EMA))
💚 Ce qu’il faut retenir :
Le risque de méningiome avec le désogestrel est réel, mais très faible.
📌 Les données ne sont pas nouvelles.
📌 C’est surtout l’information officielle du médicament qui vient d’être mise à jour, ce qui explique pourquoi le sujet revient aujourd’hui dans l’actualité.
📌 Le risque augmente avec la durée d’exposition, notamment au-delà de 5 ans, et chez les femmes de plus de 45 ans.
📌 Une exposition antérieure à certains progestatifs à risque doit également être prise en compte.
📌 Il n’y a pas lieu de paniquer ni d’arrêter seule sa contraception.
Comme toujours en santé, le chiffre compte autant que le risque lui-même. 💚
Si vous avez une question sur votre contraception, n’hésitez pas à en parler avec votre pharmacienne, votre médecin ou votre sage-femme.
📍 Pharmacie de la Grande Ferme
14 rue de la Libération – Varennes-Jarcy
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