04/06/2026
Roland Garros est magique !
Je suis Roland-Garros depuis 1977. J’avais alors 10 ans. Chaque année, je prends un plaisir immense à regarder ces matchs, qu’ils soient masculins ou féminins, à découvrir de nouvelles stars et de jeunes pépites. Certains deviendront de grands champions ou de grandes championnes ; d’autres ne seront que des étoiles filantes. Mais tous participent à la magie de ce tournoi.
Et cette édition 2026 en est une illustration exceptionnelle. Au début du tournoi, la plupart des observateurs imaginaient déjà les grands favoris survoler la compétition : Jannik Sinner et Carlos Alcaraz chez les hommes, Aryna Sabalenka et Iga Świątek chez les femmes. Les pronostics semblaient presque écrits à l’avance. Pourtant, Roland-Garros nous a rappelé une nouvelle fois pourquoi le sport reste imprévisible.
Entre les blessures, les états de forme fluctuants, les conditions de jeu parfois extrêmes et les surprises qui jalonnent chaque tournoi, les certitudes se sont effondrées les unes après les autres. Certains favoris n’ont même pas pu défendre pleinement leurs chances. D’autres ont vu leur parcours s’interrompre prématurément. Quant aux têtes de série, elles sont tombées progressivement, offrant des opportunités à une nouvelle génération de joueurs et de joueuses.
C’est précisément ce qui rend le tennis si beau. Aucun classement, aucun palmarès, aucun statut ne garantit la victoire. Chaque match doit être joué, chaque point doit être gagné. Et lorsque les portes s’ouvrent, il faut savoir les franchir.
Aujourd’hui, lorsque l’on voit les investissements financiers consacrés au padel, je pense qu’il faut rester serein lorsque l’on aime le tennis. Le tennis restera toujours le tennis. Les émotions que l’on ressent lors d’un match, l’intensité de certains échanges, la richesse technique et tactique de ce sport ne pourront jamais être reproduites dans une cage de verre.
Pour faire un parallèle, j’ai connu, dans les années 1990, l’explosion du squash. Beaucoup annonçaient alors la fin du tennis. Des investisseurs opportunistes ont misé sur cette discipline. Pourtant, le squash a finalement trouvé sa place sans jamais remplacer le tennis.
Je suis convaincu qu’il en sera de même pour le padel. C’est un sport qui a sa légitimité et son public, mais il ne prendra pas la place du tennis.
Roland-Garros est unique au monde. Ce tournoi sur terre battue possède une histoire, une identité et une émotion incomparables. L’édition 2026 nous le rappelle avec force : le tennis récompense le talent, mais aussi le courage, la persévérance et la capacité à saisir sa chance lorsque personne ne vous attend.
C’est pourquoi j’appelle les clubs et leurs présidents à continuer d’investir dans le tennis et à ne pas céder à une logique purement opportuniste. Je vois déjà, notamment dans certains clubs privés, des terrains de padel remplacer progressivement des courts de tennis. Je pense qu’il faut préserver l’équilibre et continuer à faire vivre notre sport.
Aux jeunes joueurs et joueuses, je veux dire une chose : il y a de la place pour celles et ceux qui travaillent, qui rêvent et qui persévèrent. Les surprises de cette édition 2026 en sont la preuve. Croyez en votre sport, croyez en votre passion, croyez en vos chances.
Vive le tennis !🎾