23/08/2026
💫Certains accompagnements bouleversent☀️
Elle avait été femme, épouse, mère. Elle l'était encore.
Ces derniers mois, j'ai accompagné une fin de vie qui m'a bouleversée comme peu l'ont fait. Une femme prise dans l'étau de l'évolution massive d'une tumeur cérébrale, ces cancers du cerveau qui frappent de plus en plus tôt, de plus en plus vite, et qui volent aux patients jusqu'à leur propre visage, leur propre voix, avant même de leur voler la vie.
Son corps s'enfermait. Mais elle, en dedans, tenait. Tenait à la vie avec une urgence que je n'oublierai pas comme si chaque souffle qui restait devait encore servir à quelque chose : aimer, veiller, rester mère un peu plus longtemps.
Et moi, à ses côtés, j'ai reconnu quelque chose. L'âge qui se rapprochait du mien. La femme qu'elle avait été, que je pouvais deviner sous la maladie. La mère qu'elle était encore, envers et contre tout.
C'est ça aussi, être thanadoula : ce n'est jamais neutre. On accompagne avec notre histoire, avec nos propres miroirs, avec notre vulnérabilité qu'on ne peut pas laisser à la porte.
Depuis toute petite, j'ai cette conscience aiguë que tout ne tient qu'à un fil, que la vie est impermanente et c'est peut-être cette conscience-là qui m'a menée jusqu'ici, sur ce chemin de l'accompagnement de fin de vie.
Ce fut long, et pourtant si rapide. Long comme les nuits et jours de veille, de soutien à son mari et ses filles. Rapide comme la maladie qui n'attend jamais.
À elle, et à toutes les femmes qui font corps avec la maladie sans jamais cesser d'être femme, mère, épouse, fille de quelqu'un.
Merci E. d'avoir tenu jusqu'au dernier souffle, et de m'avoir laissée être sur votre chemin à tous les 4.
spiritualite deuil