31/05/2026
Et si je m'étais trompée sur moi depuis le début ?
Je pleure de soulagement.
Hier, en écrivant La fille à la chemise verte, j'ai pleuré, j'ai ri, j'ai souri.
Mais ce matin, mon cul planté sur mon canapé, un café à la main, je pleure.
Les larmes coulent comme si quelqu'un avait ouvert un robinet.
Et pourtant, je ne suis pas triste.
Je ne pleure pas de douleur.
Je ne pleure même pas de fierté.
Je pleure de soulagement.
Le soulagement de comprendre enfin.
Le soulagement de regarder mon histoire autrement.
Le soulagement de réaliser que je viens de loin.
Très loin.
J'ai traversé des tempêtes.
J'ai traversé des déserts.
J'ai connu les crises d'angoisse.
L'anxiété.
L'épuisement.
Les questions sans réponses.
Les nuits à chercher comment m'en sortir.
Les jours à chercher comment m'en sortir.
Les livres.
Les thérapies.
Les formations.
Les méditations.
Les réponses que je cherchais partout sans jamais vraiment les trouver.
Et pendant toutes ces années, je me suis jugée.
Je me suis jugée pour mes peurs.
Je me suis jugée pour mes réactions.
Je me suis jugée pour tous les mécanismes que j'avais mis en place pour tenir debout.
Alors qu'aujourd'hui, une autre vérité apparaît.
Et si je m'étais trompée sur moi depuis le début ?
Et si mon corps n'avait jamais été mon ennemi ?
Et si mon mental n'avait jamais été mon ennemi ?
Et si, depuis le début, ils avaient été mes meilleurs amis ?
Toujours là.
Toujours présents.
Toujours en train d'essayer de me protéger.
Parfois de façon maladroite.
Parfois de façon excessive.
Parfois de façon épuisante.
Mais lorsqu'on sait ce que la petite fille que j'étais a traversé...
Aurait-on fait autrement ?
Ce livre, je ne l'écris pas pour être une victime de plus.
Cette étiquette-là, je n'en veux pas.
Je l'écris pour faire comprendre.
Je l'écris pour que celles et ceux qui se jugent depuis des années puissent enfin se regarder avec davantage de douceur.
Je l'écris pour que certaines femmes puissent enfin se dire :
"Je ne suis pas f***e.
Je ne suis pas faible.
Je ne suis pas le problème."
Et peut-être que mes larmes viennent simplement de là.
Du soulagement.
Du soulagement de comprendre que mon corps et mon mental n'ont jamais cherché à me faire du mal.
Ils ont essayé de me sauver.
À leur manière.
Avec les moyens qu'ils avaient.
Et aujourd'hui, pour la première fois, je les regarde avec gratitude.
💚