12/06/2026
Douleur : attention à ne pas masquer le signal
Dans l’immense majorité des cas, soulager la douleur constitue évidemment une priorité.
Les progrès thérapeutiques ont profondément transformé la prise en charge de nombreuses douleurs aiguës ou chroniques.
Mais une réalité plus discrète apparaît régulièrement au comptoir. Certains patients cherchent avant tout à faire disparaître un symptôme sans réellement s’interroger sur sa signification.
Maux de tête répétés, douleurs abdominales récurrentes, lombalgies persistantes, douleurs articulaires qui s’aggravent progressivement...
Le réflexe est souvent le même : reprendre un antalgique déjà connu, augmenter les doses ou prolonger une automédication qui semblait efficace au départ.
Dans certains cas, l’automédication finit même par compliquer la situation. Les céphalées par surconsommation d’antalgiques en sont un exemple bien connu. Le traitement destiné à soulager la douleur contribue progressivement à son entretien.
Le rôle du pharmacien devient alors délicat. Il s’agit de repérer le moment où la douleur cesse d’être un simple symptôme transitoire pour devenir un signal nécessitant une évaluation médicale.
Quand faut-il s’inquiéter ?
douleur qui persiste malgré le traitement ;
aggravation progressive ;
douleur qui réveille la nuit ;
apparition après 50 ans sans cause évidente ;
association à une perte de poids, fatigue importante ou fièvre ;
consommation répétée d’antalgiques depuis plusieurs semaines.
Dans ces situations, le rôle du pharmacien est essentiel : rappeler que soulager un symptôme ne dispense jamais de rechercher sa cause.