25/07/2026
❤️🩹
Le viol a toujours existé dans nos sociétés. Pendant trop longtemps, le « non » d’une femme ou d’une fille a été ignoré par certains hommes, qui lui opposent la force, la brutalité et la domination.
En 2018, lorsque nous avons lancé la campagne , à travers Fondation Diaka Camara notre objectif était de lever les tabous autour des violences qui gangrènent nos sociétés. Le viol est l’un de ces fléaux. Un crime qui détruit des vies, brise des familles et laisse des blessures profondes que les victimes portent parfois toute leur existence.
Aujourd’hui, apprendre que des mineurs auraient violé une autre mineure, filmé cet acte abominable et diffusé les images sur les réseaux sociaux me bouleverse et me révolte profondément.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Lorsque des enfants sont capables d’infliger une telle violence à une autre enfant, de la filmer et de l’exposer comme un spectacle, nous devons avoir le courage de nous interroger collectivement.
En tant que société, nous avons échoué dans l’éducation et la protection de nos enfants. Nous avons échoué à leur transmettre le respect de l’autre, la notion de consentement, la dignité humaine, l’empathie et la responsabilité.
Où sont passées nos valeurs ? Où sont nos repères ? Où est notre humanité ?
Être Africain, ce n’est pas seulement revendiquer nos traditions et notre culture. C’est aussi transmettre à nos enfants le respect de la vie, de la femme, de la fille et de la dignité de chaque être humain.
Nous devons parler à nos enfants, filles comme garçons. Nous devons apprendre à nos garçons qu’un corps ne se prend pas, qu’un « non » signifie « non » et que le silence ou la peur d’une victime ne constituent jamais un consentement. Nous devons apprendre à nos filles qu’elles ont des droits, que leur corps leur appartient et qu’elles méritent d’être protégées, écoutées et respectées.
Je demande également à chacun de ne pas partager ces images. Les diffuser, c’est prolonger la violence, humilier davantage la victime et participer à son traumatisme. Protégeons son identité, sa dignité et son avenir.
J’appelle les autorités compétentes à faire toute la lumière sur ces faits et à prendre toutes les mesures nécessaires, conformément à la loi et dans le respect des droits de chaque mineur concerné.
À toutes les femmes et à toutes les filles victimes de violences : vous n’êtes pas coupables. La honte doit changer de camp. Lorsque vous vous sentez en sécurité et entourées, parlez à une personne de confiance, demandez de l’aide et dénoncez. Votre parole mérite d’être entendue, respectée et protégée.
Et à nous tous : cessons de détourner le regard. Écoutons les victimes. Protégeons-les. Éduquons nos enfants. Responsabilisons nos familles, nos écoles, nos institutions, nos médias et nos communautés.
Briser le silence ne doit pas être uniquement le combat des victimes. C’est la responsabilité de toute la société.