Docteur Rachid Elkhettar

Docteur Rachid Elkhettar Docteur en pneumologie et allergologie. Spécialiste du sommeil et des maladies respiratoires.

23/03/2026
18/01/2026

La Chronique du Filousophe

Le médecin, le miroir et l’écran

Il fut un temps où le médecin n’existait qu’à l’heure du rendez-vous.
Une porte, une salle d’attente, un silence un peu tendu, puis une poignée de main.
La réputation circulait lentement, à voix basse, portée par le bouche-à-oreille, comme une rumeur bienveillante.

Aujourd’hui, le médecin existe avant même d’exister.
Il est cherché, lu, évalué, parfois jugé… avant d’être rencontré.
La première consultation ne commence plus dans le cabinet, mais sur un écran.

Le Filousophe observe cela sans nostalgie excessive.
Il sait que le monde ne revient jamais en arrière.
Mais il s’interroge.

Car les réseaux sociaux ont une étrange particularité :
ils transforment des histoires complexes en phrases courtes,
des parcours humains en étoiles,
et des désaccords en verdicts.

Le médecin, lui, travaille dans le flou.
Il avance avec des probabilités, des hypothèses, des examens parfois nécessaires, parfois décevants.
Il soigne dans le temps long, alors que les plateformes exigent des réponses immédiates.
Il parle de contexte, quand l’algorithme préfère le choc.

Alors que faire ?
Se taire et disparaître ?
Ou parler et risquer d’être mal compris ?

Le Filousophe ne tranche pas trop vite.
Il remarque simplement que le réseau social est un miroir étrange :
il ne montre pas ce que l’on est,
il amplifie ce que les autres projettent.

Un patient mécontent n’est pas toujours un patient mal soigné.
Parfois, c’est un patient inquiet.
Parfois, un patient frustré.
Parfois, un patient qui confond le prix d’un acte avec la promesse d’un résultat.

Et le médecin, dans tout cela, doit rester médecin.
Même quand il écrit.
Même quand il explique.
Même quand il se défend sans jamais dévoiler.

Le Filousophe sourit lorsqu’il voit des médecins transformer les réseaux en vitrines brillantes.
Il sourit aussi lorsqu’il en voit d’autres disparaître par crainte d’y laisser leur âme.
Il se dit que la justesse est rarement dans l’excès.

Peut-être que le réseau social, pour un médecin, ne devrait pas être un lieu de séduction,
mais un lieu de traduction.
Traduire la complexité.
Traduire l’incertitude.
Traduire le fait que soigner n’est pas produire,
et que comprendre prend parfois plus de temps que scroller.

Le Filousophe n’a pas de solution miracle.
Il sait seulement une chose :
on peut être visible sans être tapageur,
présent sans être exhibé,
et ferme sans être brutal.

Et surtout, il se rappelle que derrière chaque écran,
il y a un humain qui cherche à être rassuré,
et un médecin qui essaie de faire au mieux.

Rester médecin, même en ligne,
ce n’est pas être parfait.
C’est accepter de rester imparfait… avec rigueur, dignité et un peu de silence.

Le Filousophe referme son écran.
Il sait que demain, la consultation reprendra.
En vrai.
Avec tout ce que le numérique ne pourra jamais remplacer.

Un peu d’humour pour finir
Comme disait Gad
C’est la porte ouverte à toutes les fenêtres !!

Depuis quelques années, je suivais de près une alternative un peu futuriste pour certains SAHOS réfractaires : la stimul...
01/12/2025

Depuis quelques années, je suivais de près une alternative un peu futuriste pour certains SAHOS réfractaires : la stimulation du nerf hypoglosse.
Au Congrès du Sommeil 2025 à Strasbourg, j’ai vraiment eu le sentiment qu’elle est en train de prendre sa place.

Concrètement :
👉 Inspire
• un petit générateur type pacemaker sous la clavicule,
• une sonde autour du nerf XII qui fait avancer la langue à chaque inspiration,
• un capteur intercostal qui détecte la respiration.

👉 Genio
• une “plaquette” sous-mentonnière qui stimule le XII des deux côtés,
• pas de boîtier thoracique, la nuit le patient colle un patch externe qui alimente le système.

Pour une niche bien définie :
• SAHOS modéré à sévère, intolérant à la PPC,
• IMC < 32–35, IAH 15–65/h,
• pas de collapsus concentrique complet du palais à la DISE.

Les données : ≈ –70 % d’IAH, qualité de vie qui se normalise, et ≈ 80 % d’observance à 5 ans.
La CPAP reste la reine… mais pour certains profils, le futur passe peut-être par un courant électrique bien placé plutôt qu’un masque mal supporté. ⚡😴

— R.E. | PneumoReK 🫁💤

cabinet Dr ELKHETTAR Pneumologue
06/11/2025

cabinet Dr ELKHETTAR Pneumologue

🌌 La “Quiet Zone” : là où la BPCO commence… en silenceOn l’appelle la Quiet Zone.Cette zone des petites voies aériennes,...
07/09/2025

🌌 La “Quiet Zone” : là où la BPCO commence… en silence

On l’appelle la Quiet Zone.
Cette zone des petites voies aériennes, silencieuse, invisible à la spirométrie classique, est le théâtre des premières lésions de la BPCO.

👉 C’est ici que tout commence : inflammation, remodelage, atteinte vasculaire, destruction du lit capillaire.
👉 C’est aussi ici que 70 à 80 % des cas restent non diagnostiqués, alors que les patients souffrent déjà : dyspnée, exacerbations, perte de productivité.

Nous savons aujourd’hui que :
• La BPCO n’est pas qu’une maladie bronchique : elle est vasculaire, parenchymateuse et systémique.
• Elle suit plusieurs trajectoires : poumon sous-développé, déclin accéléré, ou combinaison des deux.
• Le diagnostic précoce fonctionne : moins d’hospitalisations, meilleure qualité de vie, moins de coûts pour les systèmes de santé.

Alors, comment agir ?
• Ne pas s’arrêter à la spirométrie : utiliser la diffusion, l’imagerie, et demain de nouveaux biomarqueurs.
• Multiplier les occasions de dépistage : chez les patients à risque, en médecine générale comme en pneumologie.
• Penser interception plutôt que rattrapage tardif.

💡 Déplacer la médecine vers la BPCO précoce, c’est offrir une chance de modifier le cours de la maladie.
La Quiet Zone n’a rien de silencieux : elle nous parle, à condition de savoir l’écouter.



📚 Pour aller plus loin :
• Celli B. et al. NEJM 2019
• Aaron S.D. et al. NEJM 2024
• Lange P. et al. NEJM 2015
• Stolz D. et al. Lancet 2022

03/09/2025

💡 Réhabilitation respiratoire : vers un modèle hybride post-COVID

La pandémie a révélé à la fois les limites et les opportunités de la réhabilitation pulmonaire.
👉 Les preuves restent solides en faveur des programmes en centre, mais la téléréhabilitation et les modèles hybrides ouvrent de nouvelles perspectives d’accessibilité et de flexibilité.
👉 Au-delà de l’exercice et du traitement, l’autogestion (motivation, confiance, readiness to change) joue un rôle clé dans l’amélioration durable de l’activité physique et de la qualité de vie.

L’avenir de la réhabilitation respiratoire sera donc multimodal, centré sur le patient et soutenu par l’éducation interactive.

📖 Réf. : Bourbeau J, Sedeno M, Li PZ, et al. Mechanisms associated with increased physical activity in patients undergoing self-management behaviour modification in the PHYS-ACTO trial. ERJ Open Res. 2021. doi:10.1183/23120541.00533-2020

03/09/2025

🚶‍♂️💨 Oxygène de déambulation : entre science et pratique

L’oxygène portable, qu’il soit liquide ou en concentrateur, promet liberté et mobilité. Mais que disent les faits ?

👉 Dans la BPCO, les essais randomisés montrent un bénéfice limité sur la tolérance à l’effort et la qualité de vie. Pas d’impact démontré sur la mortalité.
👉 Dans les pneumopathies fibrosantes, en revanche, l’oxygène ambulatoire améliore clairement le confort et l’expérience des patients désaturant à l’effort.

🔑 Message clé : tester avant de prescrire (Test de marche 6 min, SpO₂ à l’effort). Pas de prescription “par réflexe”, mais une approche personnalisée.

💡 L’oxygène de déambulation n’est pas une solution universelle. C’est un outil ciblé, à la croisée de la technologie et du vécu patient.



📚 Références :
• Bradley JM, O’Neill B. Short term ambulatory oxygen for chronic obstructive pulmonary disease. Cochrane Database Syst Rev. 2005.
• Lacasse Y, et al. Randomised trial of ambulatory oxygen in oxygen-dependent COPD. Eur Respir J. 2005;25:1032–1038.
• Alison JA, et al. Oxygen compared to air during exercise training in COPD with exercise-induced desaturation. Eur Respir J. 2019;53:1802429.
• Visca D, et al. Effect of ambulatory oxygen on quality of life for patients with fibrotic lung disease (AmbOx). Lancet Respir Med. 2018;6:759–770.

27/02/2025

La chronanecdote du filousophe :Les Urgences de l’Âme

Dans le tourbillon incessant d’une journée en milieu médical, il n’y a ni scénario écrit d’avance ni pause pour souffler. Chaque instant est une rencontre, une histoire, un duel entre l’espoir et l’inéluctable.

D’un côté, il y a ceux qui attendent patiemment, le regard épuisé mais digne, la douleur nichée entre les silences. Une femme accompagne son ami paraplégique avec une douceur infinie, lui offrant plus qu’un soutien : une humanité. Un patient en phase terminale sourit encore, comme s’il défiait la faucheuse avec la seule arme qu’il lui reste : le courage.

Et puis, il y a les autres. Ceux qui bousculent, exigent, tempêtent. Qui transforment une douleur ordinaire en drame universel. Qui oublient que la médecine est un art incertain, une science du temps et du tâtonnement. Qui ne veulent plus attendre, plus faire confiance, persuadés que chaque re**rd est une négligence, chaque silence une incompétence.

Entre ces extrêmes, il y a nous, soignants et médecins, funambules sur le fil du soin. Nous jonglons entre empathie et résistance, entre la nécessité de rassurer et l’obligation de dire la vérité. Nous apaisons tantôt par des mots, tantôt par la chimie, face à des êtres que l’angoisse dévore et qui, parfois, nous dévorent à leur tour.

La médecine n’est pas un miracle instantané. C’est un combat contre l’invisible, une enquête sans indices clairs, un dialogue où la patience est le seul remède avant même le premier traitement. Mais dans cette société où l’on veut tout, tout de suite, où la peur de l’arnaque dépasse la confiance dans le soin, le dialogue devient un affrontement.

Et pourtant, au milieu du chaos, subsistent des éclats de lumière. Un regard reconnaissant. Une main qui serre la nôtre. Un sourire arraché à la douleur. Des instants fugaces mais suffisants pour nous rappeler pourquoi, malgré tout, nous continuons.

Dr El Khettar

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175 Rue Boukraa Bourgogne
Casablanca

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