20/04/2026
Non, l'utilisation systématique du bleu de méthylène (BM) pour évaluer les fuites postopératoires en chirurgie bariatrique est injustifiée et les données scientifiques actuelles la déconseillent fortement. Des études montrent régulièrement que ce test a une valeur diagnostique très limitée et un taux de faux négatifs inacceptable.
Arguments contre l'utilisation du bleu de méthylène
• Taux élevé de faux négatifs : Ce test ne détecte pas les fuites pertinentes. Une étude a révélé que jusqu'à 28,6 % des tests oraux au bleu de méthylène ont donné un résultat faussement négatif chez des patients présentant des suspicions cliniques de fuite. Une étude portant sur 105 patients a rapporté qu'aucun des tests de routine (bleu de méthylène ou examens gastro-intestinaux) n'a permis de détecter les quatre fuites postopératoires survenues.
• Sensibilité inconstante et faible rapport coût-efficacité : Plusieurs revues et études classent le BM parmi les méthodes « traditionnelles » présentant une sensibilité inconstante dans la détection des fuites. Son rapport coût-efficacité est si faible qu'il a été suggéré que le surcoût et le temps opératoire supplémentaires induits ne sont pas justifiés.
Norme actuelle : Vert d’indocyanine (ICG)
Le bleu de méthylène a été largement supplanté par des technologies plus avancées, telles que l’angiographie au vert d’indocyanine (ICG). Son principal avantage réside dans sa capacité à visualiser la microperfusion tissulaire en temps réel afin de prévenir les fuites, et non seulement de les détecter a posteriori.
• Sensibilité accrue : L’ICG est nettement plus sensible que le bleu de méthylène pour la détection des petits défauts de la ligne d’agrafes. Une étude a montré qu’un mélange d’ICG et de bleu de méthylène permettait de détecter des fuites dans 4,2 % des cas où le test à l’air et le bleu de méthylène seuls étaient négatifs.
En résumé, l’utilisation postopératoire du bleu de méthylène est un outil peu fiable, désormais supplanté par des techniques comme l’ICG. La suspicion clinique demeure essentielle.
J’espère