24/05/2026
Cette semaine, animation d'un atelier d’EES auprès d’une classe de CE2.
Le thème choisi était simple : la colère.
Enfin… 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞 𝐞𝐧 𝐚𝐩𝐩𝐚𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞.
Quelque chose m’a profondément interpellée.
Lorsque les enfants imaginaient un adulte réagissant face à un comportement difficile, les 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐮𝐫, 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞 𝐨𝐮 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 comme solution de régulation.
Questions :
🔸 À quel moment apprend-on que faire peur, crier ou frapper est une façon normale d’obtenir le respect ?
🔸 Si ces représentations sont déjà présentes dès le primaire, est-ce qu’on ne sous-estime pas l’importance d’agir tôt ?
Je le dis avec beaucoup de prudence, mais aussi 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 :
Non, les difficultés rencontrées aujourd’hui avec certains jeunes ne s’expliquent pas parce qu’« on n’a plus le droit de les frapper ».
Les connaissances actuelles en psychologie du développement montrent plutôt qu’un cadre sécurisant, cohérent, prévisible et relationnel soutient davantage le développement q̶u̶e̶ ̶l̶a̶ ̶p̶e̶u̶r̶ ̶o̶u̶ ̶l̶a̶ ̶v̶i̶o̶l̶e̶n̶c̶e̶.
𝐂𝐞𝐥𝐚 𝐧𝐞 𝐯𝐞𝐮𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐚𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞𝐬.
𝐂𝐞𝐥𝐚 𝐧𝐞 𝐯𝐞𝐮𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐚𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́.
𝐂𝐞𝐥𝐚 𝐧𝐞 𝐯𝐞𝐮𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞́𝐣𝐚̀ 𝐞́𝐧𝐨𝐫𝐦𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 avec ce qu’elles ont.
Cela veut dire qu’il existe une différence entre : poser un cadre et faire peur ; être respecté et être craint ; accompagner une émotion et laisser tout passer.
Et je sais que ce sujet est sensible.
Je refuse l’idée que la non-violence éducative soit une question culturelle, c’est une 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 : comment aide-t-on un enfant à grandir sans lui apprendre que la force, la peur ou l’humiliation sont des outils relationnels ordinaires ?
Et c’est aussi une 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞.
Quand les budgets du social, de l’éducatif, du socioculturel ou de la prévention diminuent, ce sont souvent les espaces où l’on apprend justement à parler, coopérer, comprendre ses émotions, demander de l’aide, réparer les liens… qui disparaissent les premiers.
Pourtant, intervenir tôt coûte souvent moins cher (humainement et socialement) que réparer t**d.
Je continue de croire que 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐞́𝐦𝐨𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐬𝐮𝐩𝐩𝐥𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭.
𝐄𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬.
Et si nous voulons servir la jeunesse, alors il faut 𝐥𝐮𝐢 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞̀𝐠𝐥𝐞𝐬 : des outils pour comprendre ce qu’elle ressent, entrer en relation et construire autre chose que la peur.