18/06/2026
L'émotion suscitée par l'affaire Lyhanna est immense et légitime.
Mais ce drame ne doit pas être considéré comme une défaillance isolée ou exceptionnelle. Depuis des années, les victimes, les familles, les associations et de nombreux professionnel·les alertent sur les difficultés rencontrées dans le traitement des violences sexuelles, qu'elles concernent des enfants ou des adultes.
Procédures longues, enquêtes complexes, classements sans suite, non-lieux, manque de moyens, difficulté à prendre la mesure du risque de récidive : les critiques adressées aux institutions ne sont pas nées avec l'affaire Lyhanna.
Si cette affaire provoque aujourd'hui une telle onde de choc, c'est aussi parce qu'elle fait écho à une réalité que connaissent déjà de nombreuses victimes.
En Nouvelle-Calédonie, les chiffres récemment rendus publics montrent que près de 400 procédures pour viols, agressions ou atteintes sexuelles sur mineur·es sont actuellement en cours de traitement. Certaines durent depuis des années.
Derrière ces chiffres se trouvent des enfants, des adolescent·es et des familles dont la vie a été bouleversée, parfois contraint·es de vivre pendant des années dans l'attente d'une réponse judiciaire.
La Tresse rappelle que les violences sexuelles faites aux enfants ne sont pas des faits isolés. Elles s'inscrivent dans le continuum des violences sexistes et sexuelles qui traversent notre société.
La lutte contre la pédocriminalité ne peut être dissociée de la lutte contre les rapports de domination, la banalisation des violences sexuelles et le non-respect du consentement.
Protéger les enfants suppose bien sûr d'identifier les auteurs, d'enquêter et de sanctionner les infractions. Cela suppose également un travail de prévention dès le plus jeune âge : éducation à l'égalité entre les filles et les garçons, apprentissage du consentement, respect de l'intégrité physique et émotionnelle des enfants, lutte contre les stéréotypes sexistes et promotion de relations fondées sur le respect mutuel.
La Tresse appelle à ce que les moyens nécessaires soient mobilisés afin que les signalements et les procédures concernant les violences sexuelles sur mineur·es puissent être traités dans les meilleurs délais possibles.
La Tresse estime que les associations qui contribuent à la prévention, à la détection et au signalement des violences sexuelles commises sur des mineur·es doivent être considérées comme des partenaires essentiels de la protection de l'enfance.
À ce titre, nous exprimons notre soutien à l'association Truly et à ses bénévoles, qui consacrent depuis plusieurs années un temps considérable à la détection et au signalement de situations potentiellement dangereuses pour les enfants. 𝐃𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐱𝐭𝐞 𝐨𝐮̀ 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞𝐮𝐬𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐱𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐦𝐞𝐮𝐫𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐯𝐢𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐨𝐮 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐞́𝐞𝐬 𝐭𝐚𝐫𝐝𝐢𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐥𝐞𝐫𝐭𝐞𝐬 𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐛𝐥𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐦𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐝'𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐱𝐚𝐦𝐢𝐧𝐞́𝐞𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐬𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐞𝐭 𝐝𝐢𝐥𝐢𝐠𝐞𝐧𝐜𝐞.
La lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants ne peut reposer sur un seul acteur. Elle nécessite l'engagement conjoint des familles, des associations, des professionnel·les de l'enfance, de l'éducation, de la santé, de la justice et des pouvoirs publics.
Une société se juge aussi à sa capacité à protéger ses enfants, à écouter leur parole et à agir rapidement lorsqu'ils révèlent des violences.
𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐚𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐥𝐨𝐢𝐧 :
https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/exclusif-c-est-un-echec-complet-la-lutte-contre-la-pedocriminalite-n-est-pas-une-priorite-en-caledonie-selon-l-association-truly-1710064.html
https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/apres-l-affaire-lyhanna-pres-de-400-dossiers-de-violences-sexuelles-sur-mineurs-recenses-en-nouvelle-caledonie-1709065.html