05/09/2026
ACTUELLEMENT LES MOYENS NE SONT TOUT SIMPLEMENT PAS À LA
HAUTEUR DU DÉFI 🥴🤦♀️
Opahi Buillard
LE Rappel de Piqûre !!! R.Ch 🙃🤔
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Opahi Buillard
12 juin 2025
Narcos : le Pays sous emprise
L’ice ne s’évapore pas au soleil. Elle s’infiltre dans les veines du fenua, s’installe dans les quartiers, traverse les familles, brouille les repères, pervertit les valeurs.
On
Pendant que certains rament pour décrocher une bourse ou un petit boulot, d’autres prennent l’avion, ramènent des kilos de cristaux… et reviennent millionnaires.
Le constat est brutal : le fenua est devenu un eldorado pour les narco-trafiquants. Un marché fermé, insulaire, extrêmement rentable.
Un seul kilo d’ice peut rapporter jusqu’à 200 millions de francs. Les cartels l’ont compris. Et il ne s’agit plus de passages éclairs : les réseaux sont installés, structurés, parfois même dirigés par des Polynésiens connectés aux grands circuits du crime organisé.
Le rapport Kairos donne des sueurs froides : cartels mexicains identifiés, figures locales enrôlées, blanchiment d’argent visible et impuni.
L’affaire Sarah Nui, les saisies à répétition, les jeunes recrutés comme mules ou sentinelles : tout montre une colonisation silencieuse du territoire par les narcos.
Chaque saisie – 9, 15, 21 kilos – n’est pas un triomphe.
C’est la preuve d’un système qui fonctionne.
Et même quand la justice passe, la mécanique continue.
Le procès du 10 juin l’illustre : réseau international jugé, centaines de millions en valeur saisie… mais des peines de 1 à 8 ans. Le principal accusé, multirécidiviste, ironise à la barre.
La salle devient une scène, la sanction une pause temporaire. Le trafic, lui, ne s’est jamais arrêté. Et sur le terrain, rien ne ralentit sa progression..
Les forces de l’ordre, elles, rament. Dispersées, redirigées vers d’autres priorités : opérations « place nette », sécurisation des JO, lutte contre le pakalolo…
Leur présence diminue là où le danger, lui, gagne du terrain.
Pendant que les policiers changent de secteur, l’ice s’installe.
Mètre par mètre.
Quartier par quartier.
Le fenua fait face à un double péril : un trafic hautement lucratif, et une perte progressive de contrôle des institutions face à des réseaux criminels transnationaux.
Le déséquilibre est flagrant.
Les narcos disposent de millions, d’avocats affûtés, de commerces de façade, et d’un usage chirurgical des réseaux sociaux.
Nos policiers, eux, manquent de tout : effectifs, brigades fixes, matériel adapté.
Le renseignement est fragile, parfois contourné. La coopération interservices est lente, cloisonnée.
Ils arrêtent… sans pouvoir remonter la chaîne. Ils saisissent… sans toujours confisquer les avoirs. Ils alertent… dans le vide.
Les cartels avancent.
Sans bruit, sans pause.
Ils s’installent pendant que nous débattons.
Ils prospèrent pendant que nous hésitons.
Le risque n’est plus seulement sanitaire. Il est systémique.
L’économie parallèle s’étend, la violence se banalise, les institutions reculent.
Et si on continue à fermer les yeux, c’est peut-être une commune, un port, une vallée qui tombera demain.
Les narcos n’arrivent jamais seuls.
Ils viennent avec leur système : intimidation, violences physiques, corruption ciblée, menaces, extorsions, règlements de comptes. Derrière les "cadeaux", les petits boulots ou les emplois fictifs, c’est une logique criminelle qui s’installe.
Ils achètent la loyauté, fabriquent la dépendance, imposent une loi parallèle. Et quand l’ombre du crime devient la norme, il est déjà trop t**d.
Alors, que faire ?
Faut-il créer une unité anti-stupéfiants dédiée au fenua ?
Une cellule locale réunissant douanes, gendarmes, justice et fisc, avec des objectifs communs et une coordination quotidienne.
Une coopération renforcée avec les États-Unis, le Mexique, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande pourrait aussi être explorée, selon les filières en jeu.
Un plan d’urgence pour les forces de l’ordre est-il envisageable ? Plus d’effectifs, des brigades fixes dans les ports, du matériel à jour.
Parce qu’actuellement, les moyens ne sont tout simplement pas à la hauteur du défi.
Pourquoi ne pas geler plus rapidement les avoirs suspects ?
Une antenne locale de l’AGRASC permettrait d’agir sans attendre.
Si l’argent ne s’évapore pas, le trafic ne recule pas.
Et la prévention ?
On sait que les campagnes classiques ne suffisent plus.
Pourquoi ne pas former des référents sobriété dans chaque quartier ?
Intervenir directement sur les réseaux sociaux ?
Déployer des cellules d’écoute mobiles dans les lieux publics et les établissements scolaires ?
Ces idées sont là.
Mais elles n’attendent qu’une volonté politique pour exister.
Et pour ceux qui veulent décrocher ?
Où vont-ils ?
Qui les accueille ?
Peut-être est-il temps de créer un centre post-cure fermé, ici au fenua.
Avec hébergement, soins, encadrement. Trente lits, minimum. Pas un luxe. Une nécessité.
Ce fléau ne disparaîtra pas tout seul. Il exige un sursaut collectif, une vision claire, et des décisions immédiates.
Pas demain.
Pas dans un an.
Maintenant.
Sinon, dans dix ans, on ne parlera plus de lutter contre le trafic d’ice... On parlera de vivre avec.
Opahi BUILLARD